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SÉCURITÉ POUR LEAU
ET SON ENVIRONNEMENT
APPLICATION DU CODE...
DE LENVIRONNEMENT
POINT PRESSE-
15 SEPTEMBRE 2004
Place du Foirail - Salle des associations
MENDE (LOZÈRE) - 48
Le suivi par ANPER des atteintes à leau et à son environnement en 2002-2003 et 2004, notamment dans le
département de la Lozère où plusieurs plaintes ont été
déposées, plus de trente procès-verbaux dressés par
les polices administratives et la gendarmerie, et vu
linexorable baisse de la qualité des milieux aquatiques
sur le plan national, nous ont incités à tenir un point
presse. Nous avons été amenés à réitérer des plaintes
suite à des pollutions signalées au cours de lété 2004
et à vérifier que des activités industrielles abattoirs,
carrières, décharges, élevages, stations thermales,
tanneries ou autres installations, stations dépuration,
golfs, campings, piscines, microcentrales... étaient en
règle avec les codes de lenvironnement, de lurbanisme
et susceptibles, dans certains cas, de relever du code
pénal : « de la mise en danger de la personne ; risques
causés à autrui » article 223-1.
Les infractions relevées (délits ou contraventions) couvrent plusieurs secteurs dactivités et mettent en évidence des dysfonctionnements sur des réseaux urbains deaux usées. Dans la majorité des cas il sagit datteintes significatives à des cours deau fragilisés par de faibles débits, surtout lors de lété 2003 et 2004. Les rivières du département de la Lozère, dit « des sources », sont victimes dune chute de qualité que les efforts de quelques acteurs (secteurs associatif ou public) ne peuvent hélas stopper, tant que des agressions répétées se poursuivront en toute impunité.
La plupart de ces délits sont dus à de la négligence car les personnes physiques ou morales mises en cause ne peuvent ignorer que les dysfonctionnements des équipements et des installations, dont ils sont responsables, constituent un trouble à lordre public, portent atteinte à dautres usagers, participent à la détérioration de la qualité de leau et à la dégradation des milieux aqua-tiques, déciment la faune et la microfaune sauvages, provoquent la disparition de certaines activités de loisirs temporairement ou définitivement et entraînent des dommages, plus ou moins réparables, à une partie du patrimoine naturel et culturel que certains tentent de préserver avec des moyens insuffisants. Il sensuit un préjudice moral et matériel conséquent pour toute personne victime de ces agissements.
Il ne faut pas perdre de vue que la Lozère est descendue en matière de fréquentation touristique dune des toutes premières places à la quarantième ; quil existe des faillites dans lhôtellerie-restauration et que le mauvais état global des rivières lozériennes décourage des pêcheurs à la mouche, ainsi que des simples touristes, dont la fidélité a des limites. La situation nest pas complètement irréversible, mais elle pourrait le devenir plus vite quil ny paraît. Ainsi, plusieurs cours deau sont interdits à la baignade, dont la Truyère, quasiment depuis sa source jusquà la sortie du département. Le Tarn est sous surveillance à cause de la présence de cyanobactéries.
Cette situation est dautant plus consternante que les problèmes et les solutions sont à une échelle relativement modeste, sur le plan technique et financier, comparée à dautres régions et pays.
La période de sécheresse de lété 2003 a révélé la fragilité des milieux aquatiques et constitue un sérieux avertissement pour la collectivité.
En effet, les rivières nont pas une capacité dauto-épuration suffisante pour résorber les polluants déversés de manière brutale, chronique ou insidieuse et les espèces de poissons sauvages régressent inexorablement. Il y a donc urgence à combler le décalage qui existe dans la prise en compte et lapplication du code de lenvironnement au regard dautres codes visant à protéger ou à assurer la sécurité des citoyens.
Une audience consacrée au traitement pénal de ces atteintes aurait le mérite de frapper lopinion et dinter-peller des élus ou des chefs dentreprises qui ne considèrent toujours pas comme prioritaires les investissements en faveur déquipements destinés à prévenir ou à éviter des atteintes à leau et à son environnement.
Ainsi, des réalisations « phares » du département pour lesquelles des sommes importantes ont été dégagées aire de la Lozère, golfs, stations thermales dont la Chaldette, barrage de Puylaurent, plan deau de Booz, station de ski Mas de la Barque dans le parc national des Cévennes ont comme point commun davoir été ou dêtre encore en infractions, parfois à plusieurs titres, avec le code de lenvironnement.
A contrario, quelques exemples apportent la démons-tration que des investissements pour éviter toute pollution et nuisance sont susceptibles de pérenniser en France des activités industrielles et partant de préserver des emplois, en évitant la délocalisation dentreprises, lourde de conséquences, vers des pays moins exigeant notamment en matière de protection de leau et de son environnement.
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