Association Nationale pour la Protection des Eaux et
Rivières
Association française Loi 1901 - reconnue
d'utilité publique

Présentation de la contamination
Caractérisation des produits en cause et valeurs de dépassement
Conduite à adopter en cas de contamination
Quelles réactions des autorités ?
La position adoptée par la Générale des Eaux
La position adoptée par la D.D.A.S.S.
La position adoptée par les élus
Le traitement d'une affaire similaire au Québec : cas de Shannon
La protection des nouveaux captages est-elle assurée ?
Le projet de décharge de déchets « inertes »
La contamination de l'eau potable de Maintenon et Pierre est-elle un cas isolé ?
À partir du début de l'année 1993, le puits d'alimentation en eau potable de la commune de Pierres et celui du secteur de la Garenne de la commune de Maintenon, département d'Eure et Loir, ont été contaminés par des composés organohalogénés volatils (C.O.V.). Il s'agit de solvants chlorés utilisés dans des activités industrielles. Ces produits ont été décelés par la D.D.A.S.S. lors des contrôles de suivi de la qualité des eaux destinées à l'alimentation en eau potable.

Pourtant, aucune mesure d'urgence n'a alors été prise pour limiter l'exposition de la population à ces produits toxiques. Un programme de recherche de nouvelles ressources en eau a été mis en oeuvre et a abouti au deuxième semestre 2002, avec la mise en service de trois nouveaux captages (puits d'alimentation) de substitution situés sur la commune de Yermenonville.
Ainsi entre le début de l'année 1993 et fin 2002, la population a été alimentée par une eau contaminée par des substances toxiques à des concentrations bien supérieures aux valeurs limites recommandées par le Ministère de la Santé par la Circulaire du 16 mai 1989.
Il n'y a eu ni information de la population, ni restriction d'usage de l'eau. Les habitants desservis par cette eau contaminée n'ont pas eu le choix de la boire ou de ne pas la boire. Le contribuable a financé la réalisation des nouveaux captages sans avoir connaissance des raisons qui ont rendu ces travaux indispensables.
Rappelons que depuis fin 2002 l'eau distribuée à Maintenon et Pierres est de nouveau conforme aux normes de potabilité et ne présente plus de trace des composés en cause, grâce à la mise en exploitation des nouveaux captages. Mais la sécurité de l'approvisionnement en eau potable de ces communes est-elle pour autant assurée ?
Les principaux composés, dont la présence dans les eaux potables de 1993 à 2002 a été révélée par les analyses, sont les suivants :
La consultation des analyses de l'eau distribuée à Pierres et dans le secteur de Maintenon desservi par le captage de la Garenne, nous a permis d'établir les courbes des concentrations rencontrées pour ces trois composés entre 1996 et 2002 (voir documents en Annexe 2). Nous n'avons pas pu consulter les analyses des années précédentes, puisque seules les analyses des cinq dernières sont accessibles, au-delà elles sont archivées.
En revanche, les analyses du captage de Maintenon - La Garenne de l'année 1998 ne nous ont pas été communiquées. Pour quelle raison ? Nous ne le savons pas. On peut cependant noter que les valeurs observées en 1998 pour le captage de Pierres sont les plus fortes.
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| Captage de Maintenon - La Garenne | Captage de Pierres |
Le trichloroéthane était utilisé pour le dégraissage ou le nettoyage des métaux et rentrait dans la composition des peintures, colles, mastics, ou encore des insecticides. Sa production a été interdite en 1996, et son utilisation en 2000 en raison de son impact sur la couche d'ozone.
Le 1,1,1 trichloroéthane étant plus lourd que l'eau, il se dépose de manière homogène dans les eaux souterraines. C'est un composé bioaccumulable, c'est-à -dire qu'il s'accumule dans la chaîne alimentaire : Les organismes vivants qui sont à la base de la chaîne alimentaire vont absorber ce composé présent dans l'eau et le concentrer dans leurs tissus. Les prédateurs qui les consommeront à leur tour vont concentrer encore plus le 1,1,1 trichloroéthane. Ainsi, plus on remonte dans la chaîne alimentaire, plus les quantités de produit accumulé dans l'organisme des êtres vivants augmentent, jusqu'à atteindre des niveaux dangereux pour leur santé.
Bien que le 1,1,1 trichloroéthane soit moins toxique que d'autres hydrocarbures chlorés, l'exposition à de faibles concentrations peut induire des tumeurs malignes du foie (source : Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement).
Selon l'Agence de la Protection de l'Environnement des Etats-Unis (EPA), au-delà de la limite de 200 µg/l, le 1,1,1 trichloroéthane peut entraîner des troubles du système nerveux et du système circulatoire. En cas de dépassement de ce seuil, les administrations ont l'obligation d'informer la population par la voie des différents médias (journaux, radios, télévisions) et l'usage de l'eau distribuée comme eau de boisson peut-être interdit.
N'existant pas de fiche de données toxicologiques établie par l'INERIS pour le 1,1,1 trichloroéthane, ces informations sont issues des données publiées par l'EPA (Agence de la Protection de l'Environnement des Etats-Unis) et sur celles du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (documents en Annexe 11 A).


Pour ce composé il n'existe pas de valeur limite de concentration recommandée par le Ministère de la Santé. La valeur limite de qualité des eaux retenue pour ce paramètre, ici sur les graphiques, correspond à la norme de potabilité des Etats-Unis.
À Maintenon, la valeur limite fixée par les Etats-Unis a été dépassée de plus de 4 fois pour la période pour laquelle nous possédons les résultats d'analyses.
À Pierres, la valeur limite fixée par les Etats-Unis a été dépassée de plus de 7 fois pour la même période.
Le trichloroéthylène est utilisé en substitution du 1,1,1 trichloroéthane pour le dégraissage et le nettoyage des métaux, la fabrication des adhésifs, des peintures et insecticides.
Il est soluble dans l'eau, volatil dans l'air. « Il est mobile dans le sol et s'accumule dans sa partie souterraine ».
Sa biodégradabilité est faible en milieu aérobie (riche en oxygène) mais possible en milieu anaérobie (pauvre en oxygène).


Les études chez l'Homme ont démontré une absorption élevée par l'organisme, par voie orale et par inhalation. Après passage dans le sang, le trichloroéthylène se répartit dans tout l'organisme, particulièrement au niveau du foie et des graisses (tissus adipeux). Il est également capable de franchir la barrière placentaire.
Les études chez l'animal : « Quelle que soit la voie d'exposition, de nombreuses études montrent que le trichloroéthylène et ses métabolites se répartissent dans tout l'organisme, avec des niveaux particulièrement élevés dans le cerveau et les graisses ».
Toxicité chronique : « L'étude de populations exposées au trichloroéthylène (et à d'autres solvants chlorés) par l'eau de boisson (trichloroéthylène :300 à 500 µg/l) a permis de mettre en évidence des troubles variés :
Ces études sont toutefois limitées par le manque de données relatives à l'exposition des individus. Cela implique une attribution incertaine au trichloroéthylène en tant que tel ».
« Les études chez l'animal ont permis de confirmer les effets neurologiques et immunotoxiques [effet sur le système immunitaire] du trichloroéthylène ingéré par l'eau de boisson ou l'alimentation ».
L'Union Européenne estime que le trichloroéthylène doit être assimilé à une substance cancérogène pour l'Homme.
« Chez l'animal, le lien entre l'exposition par ingestion ou inhalation au trichloroéthylène et la survenue de cancers variés est bien établie ».
Notons par ailleurs que plusieurs études tendent à démontrer un temps de latence très long, supérieure à une dizaine d'années, entre le moment d'exposition au contaminant et l'apparition des cas de cancers.
Ces données sont extraites de la fiche de données toxicologiques et environnementales - version n°2 déc. 2003 sur le trichloroéthylène - publiée par l'INERIS (annexe 11 B).
À Maintenon, la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989 a été dépassée de plus de 4 fois pour la période pour laquelle nous possédons les résultats d'analyse (si on se base sur les nouvelles normes pour l'eau potable entrées en vigueur en 2003, la concentration en trichloroéthylène a été jusqu'à 12 fois supérieure à la limite de potabilité des eaux).
À Pierres, la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989 a été dépassée de plus de 3 fois pour la même période et jusqu'à 9 fois la concentration limite si on se réfère aux nouvelles normes pour l'eau potable.
Comme les nouvelles normes pour l'eau potable découlent de l'application de la Directive Européenne du 3 novembre 1998 sur les eaux destinées à la consommation humaine, la future norme de potabilité fixant à 10 µg/l la limite pour le trichloroéthylène était connu dès cette date. On peut estimer que la définition d'une norme de potabilité pour ce composé, plus sévère que la valeur indiquée dans la circulaire du 16 mai 1989, aurait pu conduire les autorités administratives à davantage de prudence.
Le 1,1 dichloroéthylène est utilisé dans la fabrication de fibres synthétiques, de films plastiques, également pour le revêtement de métaux et la fabrication du 1,1,1 Trichloréthane.
Il est aussi formé par biodégradation du 1,1,1 trichloroéthane et du tétrachloroéthylène en condition anaérobie (absence d'oxygène) dans les nappes souterraines.
Il est très soluble dans l'eau et très volatil.
Il n'est pas facilement biodégradable dans les eaux de surface. Dans les eaux souterraines, en milieu anaérobie (pauvre en oxygène), il se dégrade en chlorure de vinyle (chloroéthylène).
Par voie orale dans l'eau et par inhalation dans l'air, son absorption par l'organisme est rapide et importante, proche de 100% (études réalisées sur les animaux).
« Après pénétration dans l'organisme par inhalation ou ingestion, le 1,1 dichloroéthylène et ses métabolites se répartissent préférentiellement dans le foie, les reins et les poumons (si inhalation) ».
En ce qui concerne les effets en cas d'exposition chronique au 1,1 dichloroéthylène, « il n'existe pas de données concernant les effets systémiques chez l'Homme liés à son ingestion répétée. En se basant sur la toxicité aïgue de ce composé, il est vraisemblable que des effets hépatiques et rénaux se produisent ».

Concernant le caractère cancérigène de ce composé, l'Union Européenne ne le classe pas comme tel alors que les Etats-Unis le classe comme cancérigène possible pour l'homme.
Pour ce qui est des effets sur la reproduction, « aucune donnée n'est disponible concernant la toxicité par inhalation du 1,1 Dichloroéthylène sur les fonctions de reproduction et le développement foetal chez l'Homme ». (ATSDR, 1994)
« Par voie orale, les défauts de l'ébauche du système nerveux observés sur des nouveaux-nés exposés in utero par leur mère via l'ingestion d'eau contaminée doivent être considérés comme des résultats à prendre avec prudence. (NJDH, 1992) ».
Ces données sont extraites de la Fiche de données toxicologiques et environnementales du 1,1 dichloroétylène - version juin 2003 - INRS (Annexe 11 C).

À Maintenon, la concentration du 1,1 dichloroéthylène dans l'eau distribuée a atteint jusqu'à 366 fois la limite de 0,3 µg/l, fixée par la Circulaire du 16 mai 1989.
À Pierres, la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989 a été dépassée de plus de 133 fois pour la même période.
Comme on l'a vu précédemment, le 1,1 dichloroéthylène se dégrade, dans certaines conditions, en chlorure de vinyle dans les eaux souterraines. Pourtant, aucune mention de ce composé ne figure parmi les résultats d'analyse des eaux distribuées à Maintenon - réservoir de la Garenne - et de Pierres.
Le chlorure de vinyle, soluble dans l'eau, est difficilement biodégradable dans l'eau et le sol.
Par voie orale, l'absorption par l'organisme est proche de 100 % et peut générer des atteintes du foie et du cerveau. De plus c'est un composé classé cancérigène pour l'homme par l'Union Européenne. Ses effets sur la reproduction et le développement embryonnaire sont démontrés chez l'animal.
La teneur limite dans l'eau de boisson pour le chlorure de vinyle est très stricte : 0,5 µg/l.
Ces Informations sont extraites de la fiche de données toxicologiques du chlorure de vinyle de l'INERIS - Annexe 11 D).
Pourquoi le chlorure de vinyle n'a-t-il pas été analysé, alors que c'est celui qui présente le risque le plus élevé pour la santé ?
La présence ponctuelle d'autres composés organochlorés a été révélée par les analyses de l'eau distribuée.
Il s'agit du tétrachloroéthylène et du tétrachlorure de carbone.
Le tétrachloroéthylène peut se dégrader dans les nappes souterraines, dans certains cas, en trichloroéthylène et 1,2 dichloroéthylène. Les études sur le rat ont montré un taux d'absorption par voie orale de 80 à 100%. Il s'agit d'une substance classée par l'Union Européenne comme « cancérigène possible pour l'homme ». Comme pour les autres solvants organochlorés, des atteintes hépathiques, rénales et sur le système nerveux central peuvent être observées en cas d'exposition.
La limite de concentration recommandée par la circulaire du 16 mai 1989 est de 10 µg/l pour le tétrachloroétylène. Cette valeur est devenue une norme de potabilité des eaux destinées à la consommation humaine par Décret du 20 décembre 2001.
À Pierres, en janvier 1997, les analyses révélaient une concentration en tétrachloroéthylène de 75 µg/l et à Maintenon (réservoir de la Garenne) une concentration de 26 µg/l à la même date soit jusqu'à 7,5 fois les valeurs limites de qualité des eaux potables .
En ce qui concerne le tétrachlorure de carbone, c'est un composé utilisé dans la fabrication de fluide réfrigérant. Pour le caractère cancérigène, l'Union Européenne classe cette substance comme « préoccupante pour l'homme ». La circulaire du 16 mai 1989 recommande une valeur limite dans les eaux destinées à la consommation humaine de 3 µg/l. En avril 1998 les analyses de l'eau potable distribuée à Pierres révélaient une concentration de 9 µg/l de tétrachlorure de carbone. En juillet 2001 on mesurait une concentration de 22 µg/l dans les eaux distribuées à partir du captage de la Garenne soit jusqu'à 7 fois les valeurs limites de qualité des eaux potables .
Des recherches pour trouver la source de la contamination ont été menées par la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement).
Les captages contaminés sont situés à l'aval hydrogéologique de l'unité de production de la société ROY, et en sont distants d'environ 1,4 km.
Les services de la DRIRE se sont donc intéressés aux activités de cette société qui a utilisé dans le cadre de son activité de dégraissage des métaux, deux des micropolluants rencontrés : le trichloroéthylène et le 1,1,1 trichloroéthane.
Selon le ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, « l'installation, soumise à autorisation préfectorale, a été exploitée illégalement et dans des conditions suspectes au regard de la prévention des pollutions des sols et des eaux souterraines » (fiche Basol - Annexe 7a).
La société ROY a mis à l'arrêt définitif l'installation de dégraissage suspecte. Elle semble aujourd'hui sensible à une bonne gestion environnementale de son site.
« Dans le cadre d'une recherche en responsabilité, l'arrêté préfectoral complémentaire n° 101 en date du 26 janvier 2001 a prescrit à la société ROY l'élaboration d'un diagnostic initial et d'une évaluation simplifiée des risques. »
« Une étude du site transmise aux services de la DRIRE le 20 décembre 2001, n'a pas mis en évidence de sources de pollution constituées de sols contaminés ».
Les recherches analytiques opérées sur la nappe de la craie, à partir d'un piézomètre (puits) amont et d'un piézomètre aval, forés sur le terrain d'emprise de l'usine font cependant apparaître :

Partant du principe que la source était étrangère à ce site industriel et à l'amont hydraulique, nous avons localisé l'ancienne décharge de déchets « inertes » de Maintenon comme origine possible de la pollution.
Plusieurs témoignages rapportent qu'il y a une vingtaine d'années de cela, des déversements de déchets liquides industriels dans cette décharge étaient fréquents, en particulier la nuit, par des camions citernes. Selon ces témoignages, des odeurs suffocantes se dégageaient de la décharge et le dépérissement des arbres bordant le site était généralisé. Pour lutter contre ces déversements sauvages, une clàôture aurait été mise en place, mais les vidangeurs auraient poursuivis leurs méfaits en passant le tuyau de vidange en dessous .
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| Aspect actuel de la décharge | Entrée de l'ancienne décharge de Maintenon |
Aujourd'hui l'aspect du terrain a changé, la végétation ne montre pas de signe particulier de pollution et un remblai a été déposé en surface pour recouvrir les déchets. Cependant, au bout du remblai on retrouve encore des fûts de solvants et d'huiles à usage industriel …
Cette hypothèse est quasiment une certitude. La diversité des composés retrouvés dans l'eau plaide en ce sens.
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| Marécage situé en fond de décharge | Fûts de solvants et d'huiles industriels encore visibles en bout de remblai |
Par ailleurs, la localisation de ce site, est très pertinente avec la contamination du captage de Maintenon - La Garenne et de celui de Pierres (voir carte en annexe 1A).
Pourtant, aucun suivi de cette ancienne décharge n'existe, aucune étude pour vérifier ces très fortes présomptions n'a été réalisée.
Les normes de potabilité des eaux destinées à consommation humaine définies par le décret 89-3 du 3 janvier 1989 (remplacé par le décret du 20 décembre 2001) ne fixaient pas de limite de potabilité pour les substances en cause. Cependant, la circulaire du Ministère de la Santé du 16 mai 1989, relative à la présence de composés organohalogénés volatils dans les eaux destinées à la consommation humaine (Annexe 3), donne des indications importantes. Cette circulaire précise que :
« La directive C.E.E. n° 80-778 du 15 juillet 1980 du Conseil des communautés européennes comporte une recommandation générale présentée sous la forme « autres composés organochlorés » ne relevant pas du paramètre n°55 : niveau guide 1 microgramme par litre ; la concentration doit être réduite dans toute la mesure du possible. [ ] Le décret 89-3 du 3 janvier 1989 inclut la recherche de ces composés dans le programme d'analyse mais ne fixe pas de limite de qualité des eaux. Par ailleurs, plusieurs études réalisées récemment en France ont fait apparaître la nécessité de préciser la position sanitaire à tenir vis-à -vis des composés organohalogénés. »
La circulaire précise plus loin que « la détermination du risque sanitaire pour des concentrations telles que celles rencontrées dans les eaux est difficile. La crainte principale est celle d'effets différés. [ ] Plusieurs de ces composés se sont révélés, dans des conditions expérimentales déterminées sur les animaux, ou dans des enquêtes épidémiologiques en milieu professionnel, à des concentration bien supérieures à celles rencontrées dans l'eau, présenter des effets toxiques notamment mutagènes ou cancérigènes, bien que tous les résultats ne concordent pas. »
II est expliqué que « ces composés peuvent être considérés comme indicateurs de la présence d'autres composés qu'on ne peut pas actuellement tous identifier et dont on ne connaît pas les effets ; des interactions pourraient exister entre certains de ces produits avec d'autres substances consommées ou d'autres composés. »
La circulaire indique ensuite que : « En conséquence, ainsi que le précise l'Organisation Mondiale de la Santé, les valeurs suivantes sont recommandées comme concentrations limites de ces produits dans les eaux destinées à la consommation humaine :
Dans le chapitre III, Intervention Sanitaire, la circulaire précise la conduite à adopter en cas de contamination : « Lorsque ces composés sont identifiés dans l'eau destinée à la consommation humaine, même si la teneur est inférieure aux valeurs limites fixées ci-dessus, il est nécessaire d'en rechercher l'origine. »
« L'amélioration de la qualité de la ressource souterraine demandera un long délai, car il devra être procédé au changement de la ressource sollicitée ou au mélange avec une autre ressource ou la mise en oeuvre d'un traitement de l'eau, par exemple par dégazage. L'emploi du charbon actif peut, dans certains cas s'avérer efficace. »
Pour ce qui concerne les priorités et délais d'actions la circulaire prévoit :
« Compte tenu de l'approche sanitaire effectuée, et notamment de l'évaluation du risque lié à ces produits et de la vulnérabilité des teneurs dans les eaux, il convient de s'intéresser à l'ordre de grandeur des concentrations trouvées plutôt qu'à leur comparaison stricte aux dites valeurs. Les situations correspondant à de fortes contaminations des eaux doivent être améliorées rapidement. [ ] En cas de problème, sur votre demande, le dossier pourra être soumis au Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Le dossier devra décrire, de façon détaillée, la situation rencontrée et les mesures proposées, notamment le programme d'amélioration et les modalités d'information de la population et des intervenants sanitaires. [ ] Les mesures nécessaires doivent être mises en place pour que les valeurs limites soient réellement respectées dans les conditions décrites ci-dessus. »
Face à la présence de teneurs élevées de 1,1,1 tricholoroéthane, de trichloroéthylène (jusqu'à 4 fois la valeur limite) et de 1,1 dichloroéthane (jusqu'à 366 fois la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989), les services de la DDASS et des municipalités concernées ne semblent pas avoir été en accord avec les préconisations du Ministère de la Santé.
Si les démarches nécessaires au changement de la ressource en eau ont bien été entreprises, elles n'ont abouti qu'au bout de 10 ans ! Et pendant cette période, aucune information de la population et des intervenants sanitaires n'a été réalisée, aucune restriction d'usage de l'eau n'a été jugée utile.
Mais alors, si la situation ne présentait pas de risque sanitaire, pourquoi les autorités compétentes ont-elles cherchées à dissimuler les véritables raisons de la mise en place des nouveaux captages ?
À partir de la réponse formulée par le Préfet d'Eure et Loir à nos interrogations concernant le traitement de cette affaire, nous avons toutes les raisons de croire que l'avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France n'a pas été sollicité.
Quant à la recherche de l'origine de la pollution, elle est pour le moins tardive et inachevée.
La façon dont la population, les consommateurs et les contribuables ont été considérés dans cette affaire est proprement révoltante. Elle témoigne d'un mépris et d'un traitement particulièrement opaque de cette crise. Cette affaire pose une question de confiance évidente envers l'administration et les élus concernés.
Et l'on ne pourra pas évoquer une quelconque méconnaissance de la situation. Les rapports annuels sur le prix et la qualité des services publics de l'eau potable et de l'assainissement, approuvés en Conseil Municipal, et les courriers de la D.D.A.S.S. adressés aux maires des communes de Maintenon et Pierres en témoignent :
Dans le rapport d'activité remis par la Générale des Eaux à la mairie de Maintenon, il est noté :« À signaler depuis l'été 1993, un suivi particulier de deux composés organohalogénés volatils présents dans le forage de la Garenne (le trichloroéthane et le trichloroéthylène). Bien que les concentrations relevées ne nécessitent pas de mesure de restriction de la consommation de cette eau, elles démontrent une certaine dégradation de sa qualité » (document en Annexe 4).
On aimerait bien connaître sur quelle compétence la Générale des Eaux s'appuie pour juger de la nécessité ou non d'une restriction d'usage. Il est possible cependant qu'à cette période, les teneurs de ces composés étaient encore faibles. Nous n'avons pas pu obtenir les analyses antérieures à 1996.
Dans le courrier adressé par le Directeur de la D.D.A.S.S. au Maire de Maintenon, en date du 4 septembre 1996 et représentatif des nombreux autres courriers, on peut lire : « Comme suite aux analyses réalisées sur votre commune le 24 juillet 1996, j'ai l'honneur de vous faire parvenir les résultats des analyses qui révèlent une eau : de qualité chimique conforme à la réglementation pour les paramètres recherchés sauf pour les composés organohalogénés volatils pour lesquels on observe une teneur élevée en trichloroéthane s'établissant à 800 µg/l. Cette valeur confirme toutes celles précédemment enregistrées depuis l'été 1993.
Si la circulaire du 16 mai 1989 relative à la présence de composés organohalogénés dans les eaux destinées à la consommation humaine n'impose pas de norme pour ce paramètre, la valeur limite de 30 µg/l pour le trichloroéthylène est dépassée (on relève une valeur de 120 µg/l). En conséquence, le suivi périodique de l'évolution de la concentration de ces produits est maintenu et il conviendrait de faire accélérer la recherche d'un nouveau point d'eau qui permettrait l'abandon de celui-ci. »
Citons également le courrier du directeur de la D.D.A.S.S. au maire de Maintenon, en date du 10 novembre 2000 qui indique pour les eaux du captage de la Garenne : « de qualité bactériologique et chimique conforme à la réglementation pour les paramètres recherchés à l'exception de la présence de composés organohalogénés volatils à de fortes concentrations ». Cette qualification « fortes concentrations » est importante au regard des recommandations formulées par la circulaire du 16 mai 1989 dans pareille situation (courriers en Annexe 5).
L'analyse du journal municipal « Maintenon Infos » démontre la volonté de dissimuler la réalité de la situation à la population malgré la connaissance des faits (articles en Annexe 6) :
Comment la situation du captage de la Garenne aurait-elle pu être pire que ce qu'elle a été ? !
(source : direction de la santé publique du Québec)
En décembre 2000 : détection du trichloroéthylène à une concentration de 160 µg/l dans l'eau distribuée dans la ville de Shannon (3 800 habitants).
En février 2001, après diverses analyses, la population est informée par une conférence de presse du Ministère de l'Environnement. « Compte tenu de l'évolution imprévisible de la contamination de l'eau souterraine, il est recommandé pour tous les citoyens résidents dans le secteur à risque de contamination :
Notons que la restriction des usages domestiques (douches, bain, lavage) s'explique par le fait que les solvants organochlorés sont très volatils. Lors de tels usages, les solvants organochlorés contenus dans l'eau sont libérés dans l'air ; ils sont alors absorbés par inhalation.
En mars 2001, un comité de suivi de la situation est mis en place. Le suivi de l'état de santé de la population a été jugé utile en raison du délai qui existe entre l'exposition aux solvants chlorés et l'apparition des symptàômes.
La base militaire située sur la commune sera identifiée comme l'origine de la pollution de l'eau souterraine. Le document complet figure en Annexe 10.
Cet exemple nous montre quelle aurait pu être le traitement de cette affaire par les services compétents dans le cas de la contamination de Maintenon et Pierres et souligne la très grande désinvolture avec laquelle cette affaire a été traitée en France.
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| Captage de substitution n°F5 - Yermenonville | Captage de substitution n°F2- Yermenonville |
Trois nouveaux captages ont été implantés sur la commune de Yermenonville. Compte tenu de la raison de la réalisation des nouveaux captages, on aurait pu attendre de l'ensemble des intervenants (services de l'Etat, élus, services municipaux, bureau d'études, hydrogéologue agréé) une attention toute particulière concernant le choix du lieu d'implantation et la réalisation de l'ensemble des études nécessaires à la garantie de la pérennité de la ressource en eau nouvellement exploitée.
Dans un premier temps, précisons que la réalisation de puits d'alimentation en eau potable est une opération, compte tenu des débits pompés, qui est soumise à autorisation au titre de la loi sur l'eau du 3 janvier 1992. Cela implique la réalisation d'un dossier présentant la viabilité du projet et ses impacts sur l'environnement (réduction de la ressource en eau, atteinte à la qualité ou à la diversité du milieu aquatique). Ce dossier est présenté au public à l'occasion d'une enquête publique où toute personne peut formuler des questions, des remarques ou des propositions sur le projet. Hors, dans notre cas, aucune autorisation préalable n'a été sollicitée avant la réalisation des ouvrages.
L'urgence de la situation aurait pu justifier que les travaux fassent simplement l'objet d'un compte rendu motivé, indiquant leur incidence sur l'environnement, la santé et la salubrité publique, comme le prévoit l'article 34 du Décret n° 93-742 du 29 mars 1993. Encore aurait-il fallu que les travaux aient été exécutés pour « prévenir un danger grave » et que le caractère d'urgence soit invoqué par l'administration pour justifier l'absence de demande d'autorisation préalable . Malheureusement, il ne semble pas que les autorités aient mesuré la gravité de la situation, autrement on peut penser que des mesures d'urgences auraient été prises avant la mise en service des nouveaux puits.
Un dossier de régularisation des captages et de définition de leur périmètre de protection a été soumis à enquête publique du 12 au 28 mai 2004, en mairie de Yermenonville.
Ce dossier présente de graves lacunes et ne permet pas l'évaluation des risques de pollution des captages. En particulier, les études géologiques et hydrogéologiques sont très insuffisantes pour déterminer la vulnérabilité de la nappe, la zone d'alimentation des captages et ainsi assurer leur protection.
Si, dans le dossier, la présence de deux décharges situées à proximité des captages est mentionnée, aucune évaluation du risque de contamination de l'eau exploitée n'a été réalisée alors que la réglementation le prévoit. En effet, on peut craindre un transfert différé de polluants enfouis dans la décharge vers la nappe d'eau souterraine. Des substances dangereuses pour l'environnement et la santé ont pu être stockés dans des fûts qui finissent par se percer, libérant ainsi leur contenu. Ainsi le périmètre de protection rapproché actuellement défini est inadapté, dépourvu d'efficacité.
Pourtant, le risque présenté par les décharges est réel (carte en Annexe 1 B): La plus proche est l'ancienne décharge de la commune de Mévoisins (850 m). Des traces de mercure ont été décelées en 1994 dans le forage de reconnaissance F1 qui se situe dans la zone d'appel des nouveaux captages (zone où l'eau de la nappe est attirée par le pompage).
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Ancienne décharge de la commune de Mévoisins, aujourd'hui centre de stockage de déchets "inertes" (en principe uniquement des gravats, hors plâtre qui peut libérer des sulfates). |
La plus éloignée, celle de Bailleau-Armenonville, située à 2,9 km à l'amont hydraulique des captages laisse échapper des solvants organohalogénés (1,1,1 trichloroéthane et trichloroéthylène - voir Annexe 9) ! Des boues radioactives ont été également déposées par le Commissariat à l'Energie Atomique et l'eau souterraine présente une certaine radioactivité à l'endroit de la décharge. C'est d'ailleurs pour lutter contre ces pratiques que les riverains de cette décharge, alertés par des rotations de camions en période nocturne, ont fondé L'APEV (Association de la Voise et de son Environnement).
Pour mémoire le captage de Pierres était situé à 2,6 km à l'aval hydrologique de l'ancienne décharge de Maintenon. Il est vrai que le suivi des eaux souterraines de cette décharge montre des teneurs relativement faibles en composés organohalogénés. Cependant, ces composés peuvent révéler la présence de fûts de produits toxiques enterrés dont seulement un faible nombre suinteraient aujourd'hui. Malheureusement, si une quantité importante de fûts est ainsi stocké, un relargage massif de ces substances est à craindre lorsque leur corrosion sera trop avancée. Ce risque doit être évalué.
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Ancienne décharge de la commune de Bailleau-Armenonville, exploitée par la société SITA Ile de France depuis avril 1976 et récemment fermée. |
On peut donc craindre, en l'absence de mesures efficaces, que les nouveaux captages situés sur la commune de Yermenonville connaissent le même sort que les précédents.
De plus, il existe un projet de transformation d'une ancienne sablière située sur la commune de Mévoisins en décharge pour « déchets inertes ». Hors, cette sablière est située dans la zone d'alimentation des captages et, le déchet appelant le déchet, rien ne peut garantir que des déchets dangereux ne seront pas enfouis en mélange avec les déchets inertes. La nature du matériaux autrefois extrait dans cette carrière, du sable, la nature du sous-sol est a priori très perméable aux pollutions. Cela implique un transfert rapide vers la nappe souterraine des polluants qui pourraient être introduits dans cette décharge.
Le périmètre de protection ne prévoyant pas d'inclure cette zone, rien n'interdit l'aboutissement de ce projet.
Pour étayer ces propos, on peut prendre l'exemple de l'ancienne décharge de la commune de Mévoisins, actuellement utilisée pour le stockage de déchets « inertes ». En visitant le site, on peut trouver :
sans compter les plastiques et les déchets putrescibles . Et il ne s'agit que de la partie visible, en surface. Les remarques déposées par l'association à l'enquête publique sont consultables en Annexe 8).
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| Sacs poubelle remplis de laine de verre | |||
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| Mousse en polyuréthane, "Déchet Industriel Dangereux" pour la santé et l'environnement | |||
| Téléviseur, dont les circuits imprimés et les composants électroniques contiennent des métaux lourds. |
La contamination des captages de Maintenon et Pierres est-il un cas isolé ? Malheureusement non ; la mauvaise gestion de la ressource en eau et la pollution diffuse dans l'environnement conduit de plus en plus à la fermeture de captages. L'Agence de l'Eau Seine Normandie, à elle seule, traite en moyenne trois dossiers de fermeture de captages par mois.
Rien que pour le département d'Eure et Loir, on rencontre d'autres affaires similaires.
La ville de Dreux a été touchée par le même scénario que Maintenon et Pierres un peu plus tàôt : les captages de la ville, situés sur la rive droite de l'Avre, au nord de la ville ont eux aussi été contaminés par des solvants organohalogénés. La aussi, leur remplacement par une nouvelle ressource a été nécessaire. Les captages contaminés ont été abandonnés en 1993 et 1994. Il semble que la population de Dreux n'ait pas été davantage informée que celle de Maintenon et Pierres. D'ailleurs pourquoi en aurait-il été différemment ? La pollution des captages de Dreux n'aurait-elle pas dû servir d'exemple à la gestion de celle ayant affecté les captages de Maintenon et Pierres ?
Nous ne savons pas à quel degré la population a été exposée à ces substances. Ce point devra être rapidement étudié. L'origine de la pollution : vraisemblablement une ancienne zone d'épandage de déchets qui a été autrefois utilisée pour épandre des déchets industriels et de vidange par la société Lemée Moreau. Cette société a depuis été rachetée par la société S.V.R appartenant au Groupe Veolia, ex Vivendi Environnement. (source : ministère de l'Ecologie et du Développement Durable - fiche basol en Annexe 7 B).
L'étude de la pollution présente sur le site est en cours seulement depuis 2001 ! Lenteurs administratives et mauvaise volonté de la société SVR à réaliser les études de diagnostic, expliquent ces délais. Les substances dangereuses ont donc eu tout le temps nécessaire pour se disséminer dans l'environnement, rendant sans effet une hypothétique dépollution du site.
Mais la ville de Dreux réserve d'autres surprises (carte en Annexe 1 C).
Selon le Ministère de l'Ecologie et du développement Durable (fiche basol en Annexe 7 C), l'ancienne décharge de « L'Arche du Gazon » appartenant à la ville et qui est située à l'ouest, à l'angle formé par la RN 12 et la voie ferrée Paris - Grandville, a reçue entre 1960 et 1990, entre 0,5 et 1,2 millions de mètres cubes de déchets ménagers et de déchets industriels solides et liquides. On retrouve là encore des produits organohalogénés dans l'eau souterraine située sous la décharge à des concentrations de l'ordre de 20 mg/l, soit 20 000 µg/l !
Ces polluants ont là aussi migrés. Ils atteignent, depuis au moins le début 2000, les forages du champ captant de Vert en Drouais qui sont situés à 1800 m à l'aval hydraulique de la décharge. Ces forages sont exploités par la SAGEP (Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris) pour l'alimentation en eau de la Ville de Paris. Un des six captages est contaminé mais il continue d'être exploité, l'eau contaminée étant diluée par l'eau prélevée dans les autres forages en vue de garantir la conformité de l'eau distribuée.
La recherche de nombreux autres composés chimiques est à l'ordre du jour. En attendant des études complémentaires, la pollution se diffuse et la dépollution du site n'est toujours pas programmée. Il y a pourtant urgence !
Le traitement réservé à toutes ces affaires laisse perplexe. Comment peut on comprendre le silence des autorités sanitaires et des maires, responsables de la santé et de la salubrité publiques de leurs administrés ?
Le manque de connaissance sur les substances en cause et sur les effets de synergie qui peuvent exister par la combinaison de différents produits, aurait pourtant dû induire une grande prudence. D'autant que les recommandations du Ministère de la Santé et de l'OMS étaient sans équivoque. Alors quel crédit peut-on apporter aux services de l'Etat censés garantir la sécurité des personnes et de leur environnement ?
L'opacité qui règne dans ces affaires traduit-elle une volonté de dissimulation, ou, peut-être plus grave encore, une incompétence des autorités ?
Toujours est-il que la population a été exposée à un risque de contamination par des produits chimiques, sans avoir la liberté de choisir d'accepter ou non ce risque, c'est-à -dire de boire ou de ne pas boire l'eau distribuée.
Les contribuables et les consommateurs, eux, auront participés au financement de la réalisation des nouveaux captages et des canalisations indispensables à leur connexion au réseau de distribution et ce à hauteur de 2 millions d'euros, soit 13 millions de francs.
Les auteurs des pollutions ne sont pas inquiétés. Seront-ils un jour mis en cause, supporteront-ils un jour le coût financier de leurs actes, qui n'avaient qu'un seul but : éliminer à coût zéro, des déchets qui auraient normalement dû être traités en centre spécialisé ?
Comment les individus pourraient-ils prendre conscience de l'importance d'une gestion et d'un traitement adaptés des déchets pour préserver nos ressources en eau et ainsi accepter les contraintes nécessaires, si les autorités ne communiquent pas sur de telles affaires.
On peut également déplorer que le Plan Départemental de gestion des déchets n'intègre pas les exigences de santé publique. Car on voit à travers cette affaire à quel point la protection de notre environnement est indissociable de la protection de notre santé.
En outre, on aurait pu imaginer que les autorités aient été sensibilisées par ces cas de pollution de captages et qu'elles s'entourent du maximum de garanties concernant la protection des nouveaux puits . Raté : études bâclées, procédures contournées, aboutissent à des nouveaux captages implantés en terrain « miné » par d'anciennes décharges. Quant à leurs périmètres de protection, en raison de la manière dont ils ont été définis, ils ne protègent que la conscience de leurs auteurs !
Nous sollicitons l'intervention du Ministère de la Santé et du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable pour qu'une étude évalue les risques sur la santé des populations exposées à l'eau contaminée. Nous sollicitons également une expertise par un établissement public, préalable à une obligation de remise en état des sites pollués.
Enfin, nous souhaitons que cette affaire permette une réelle prise de conscience des services de l'Etat, comme de tout individu, que la protection de notre environnement n'est pas un luxe mais une nécessité pour assurer notre sécurité et la pérennité de notre développement. C'est vrai, la protection de l'environnement a un coût, mais celui de sa réparation, lorsqu'elle est possible, n'est pas du même ordre. La différence réside dans le fait qu'actuellement le pollueur n'étant pas le payeur, l'effort financier étant systématiquement supporté par le contribuable, le pollueur ne trouve aucun intérêt à faire des efforts.
L'absence de poursuite des auteurs de pollution, malgré l'existence d'un arsenal réglementaire potentiellement efficace, favorise nécessairement la poursuite de ces pratiques.
La sécurité de l'environnement, et par là même de notre santé, n'est décidemment pas assurée !














































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Région : Centre Département :
28 Site numéro : 11 |
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Région : Centre Département :
28 Site numéro : 4 |
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Le dossier présente un certain nombre de contradictions et de questionnements qui ne peuvent être levés, en raison du manque d'informations communiquées dans le dossier.
Le bureau d'études Gaudriot contacté par téléphone, n'a pas été en mesure de répondre à nos interrogations, car la personne qui ayant réalisée les études a quitté son poste.
La durée de l'enquête et les conditions de consultation des documents, compte tenu des horaires d'ouverture particulièrement restreints, ne nous ont pas permis de prendre le temps nécessaire à une étude convenable et à la vérification des points litigieux.
Cependant, nous formulons ci-après un certain nombre de remarques :
Concernant la nature captive de la nappe, ce qui assurerait une protection naturelle efficace de la nappe de la craie, les données sont contradictoires.
Selon les conclusions des études réalisées par le bureau d'études Gaudriot, page 18, le coefficient d'emmagasinement obtenu « correspond à un comportement semi-captif de la nappe ». Dans son rapport, l'hydrogéologue agréé, parle quant à lui de nappe « captive », tout en précisant dans la phrase précédente que « drainée par la Voise, l'aquifère est en position d'être alimenté par le bief du canal situé en rive droite, le long du CD 116 ». Comment une nappe captive peut-t-elle être drainée par les eaux de surfaces ?
Dans ce même rapport, l'hydrogéologue agréé, précise que « l'épaisseur limitée de la couverture alluvionnaire et le caractère inondable de ce secteur de la plaine alluviale rend la ressource en eau vulnérable aux pollutions d'origine superficielle, malgré le pouvoir de filtration des alluvions, vis-à-vis notamment des pollutions biologiques ». Comment une nappe captive pourrait-elle être sensible aux pollutions superficielles, en particulier bactériologiques ? Cela est pourtant bien le cas puisqu'en page 20, il est indiqué que le forage F5 présente « une légère contamination fécale ».
De plus, il est précisé page 21 que « les forages F2, F5 et F6 semblent toutefois sensibles à des apports d'eaux superficielles (alluvions) compte tenu de la présence anormalement élevée de bactéries revivifiables ».
Le seul moyen efficace de démontrer la nature captive de la nappe aurait été de déterminer un niveau statique de la nappe différent dans les alluvions et dans la craie. Aucun élément du dossier ne précise l'implantation des piézomètres. Sont-ils tous dans la craie ? Autrement lesquels ne descendent que dans les alluvions ?
Comme nous l'avons vu précédemment, l'hydrogéologue agréé précise que « l'aquifère est en position d'être alimenté par le bief du canal situé en rive droite, le long du CD 116 ». Pourtant, le bureau d'études Gaudriot conclut à partir de tests à la fluorescéine en page 26 que l'interprétation tend à montrer qu' « il n'existe pas de relation directe entre le cours d'eau et la nappe de la craie ». Aurélie PAQUIER, en charge de ce dossier nous a indiqué que l'injection de fluorescéine avait été faite de façon ponctuelle et instantanée. L'étude du transfert de fluorescéine vers le forage F2 nous apparaît, dans ces conditions, bien légère.
La zone d'appel, telle qu'elle a été définie, est particulièrement restreinte en aval des captages. De plus, en page 18, il est indiqué que « le seul ouvrage éloigné, F1, indique une valeur de (rabattement) de 20 cm pour une distance de 850 m ». Comment se fait-il dans ce cas que la position géographique de l'ouvrage F1 ne soit pas incluse dans la zone d'appel ?
Il paraît important de prendre en compte la zone d'appel amont dans le périmètre de protection rapproché afin d'imposer des contraintes particulières, en cas de passage dans ce secteur, de la déviation de Maintenon en projet.
Le périmètre de protection rapproché devrait en principe couvrir au mieux la zone d'appel des captages compte tenu de la vulnérabilité de la nappe aux pollutions superficielles (l'hydrogéologue agréé et le bureau d'études Gaudriot sont en accord sur ce point). Pourtant le périmètre rapproché ne couvre même pas la totalité de la zone définie par l'isochrone 50 jours. Le périmètre de protection rapproché initialement prévu par l'hydrogéologue agréé a été réduit, était-ce opportun ?
De plus, il est précisé en page 18 que « l'extension latérale et vers l'amont de la zone d'influence ne peut être identifiée avec précision par manque de points d'eau de suivi. » et un peu plus loin on peut lire, concernant la modélisation du rabattement de la nappe que « les isopièzes du niveau des coteaux ne sont pas représentés car nous n'avons pas d'information sur les conditions hydrodynamiques dans ce secteur ». On est en droit de s'interroger sur la valeur de la modélisation de la zone d'appel au vu du nombre extrêmement limité de données de terrain. Pourquoi n'y a-t-il pas eu un maillage piézométrique de la zone permettant d'alimenter un modèle fiable de la zone d'appel ?
Sur quelle base de données, l'hydrogéologue agréé estime-il la nature du sous-sol en rive gauche de la vallée lorsqu'il indique qu'une couverture de limons, argiles à silex, sables, colluvions protège l'aquifère crayeux ? Aucune étude géologique de ce secteur n'est présentée dans le dossier. Si cette analyse repose uniquement sur des cartes géologiques, il convient de vérifier les informations par des sondages de terrain. Il existe en effet de fortes variations de faciès sur une même zone géographique. Les données de cartes géologiques restant générales, elles demandent à être précisées.
Le code de la santé publique prévoit une évaluation des risques de pollution et non un simple recensement des risques comme présenté dans le dossier. Si les décharges présentes dans le secteur ont bien été notifiées, à savoir, l'ancienne décharge de Mévoisins et celle de Bailleau-Armenonville, aucune évaluation du risque de transfert de pollution n'a été réalisée. Pourtant des solvants organohalogénés s'échappent de la décharge de Bailleau-Armenonville et du mercure a été retrouvé en 1994 dans le forage F1 situé à proximité de l'ancienne décharge de Mévoisins.
L'abandon des captages de Maintenon et Pierres, suite à leur contamination par des solvants organohalogénés, vraisemblablement issus de l'ancienne décharge de Maintenon, n'aura-t-il pas servi de leçon pour que l'on s'entoure du maximum de garanties concernant la protection des nouveaux captages ? D'autant que d'après la carte piézométrique du Conseil Général d'Eure et Loir de la nappe de la craie, la décharge de Bailleau-Armenonville est clairement située à l'amont hydrologique des nouveaux captages.
En conclusions nous sollicitons :


































issues de l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis (EPA) et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement
As part of the Drinking Water and Health pages,
this fact sheet is part of a larger publication:
National Primary Drinking Water Regulations
This is a factsheet about a chemical that may be found in some public or private drinking water supplies. It may cause health problems if found in amounts greater than the health standard set by the United States Environmental Protection Agency (EPA).
What is 1,1,1-TCA and how is it used?
1,1,1-Trichloroethane (1,1,1-TCA) is an organic liquid with a chloroform-like odor. It is largely used as a solvent removing grease from machined metal products, in textile processing and dyeing and in aerosols.
The list of trade names given below may help you find out whether you are using this chemical at home or work.
Trade Names and Synonyms:
Chloroethene
Methylchloroform
Aerothene TT
Algylen
Alpha-T
Chlorten
Gemalgene
Genklene
Dowclene
Solvent 111
Trichloran
Inhibisol
Why is 1,1,1-TCA being Regulated?
In 1974, Congress passed the Safe Drinking Water Act. This law requires EPA to determine safe levels of chemicals in drinking water which do or may cause health problems. These non-enforceable levels, based solely on possible health risks and exposure, are called Maximum Contaminant Level Goals.
The MCLG for 1,1,1-TCA has been set at 0.2 parts per million (ppm) because EPA believes this level of protection would not cause any of the potential health problems described below.
Based on this MCLG, EPA has set an enforceable standard called a Maximum Contaminant Level (MCL). MCLs are set as close to the MCLGs as possible, considering the ability of public water systems to detect and remove contaminants using suitable treatment technologies.
The MCL has been set at 0.2 ppm because EPA believes, given present technology and resources, this is the lowest level to which water systems can reasonably be required to remove this contaminant should it occur in drinking water.
These drinking water standards and the regulations for ensuring these standards are met, are called National Primary Drinking Water Regulations. All public water supplies must abide by these regulations.
What are the Health Effects?
Short-term: EPA has found 1,1,1-TCA to potentially cause the following health effects when people are exposed to it at levels above the MCL for relatively short periods of time: damage to the liver, nervous system and circulatory system.
Long-term: 1,1,1-TCA has the potential to cause the following effects from a lifetime exposure at levels above the MCL: liver, nervous system and circulatory system damage.
How much 1,1,1-TCA is produced and released to the environment?
Demand for 1,1,1-trichloroethane was 705 million lbs. in 1989. 1,1,1-TCA is likely to enter the environment by evaporation or in wastewater from its production or use in metal cleaning. It can also enter the environment in leachates and volatile emissions from landfills.
From 1987 to 1993, according to EPA's Toxic Chemical Release Inventory, releases to water and land totalled over 1 million lbs. These releases were primarily from metal fabrication industries. The largest releases occurred in California and Georgia. The largest direct releases to water occurred in Utah and Indiana.
What happens to 1,1,1-TCA when it is released to the environment?
1,1,1-TCA will evaporate rapidly from water and soil. It does not bind to soils nor is it broken down by microbial action, so it may leach to ground water. It has little tendency to accumulate in aquatic life.
How will 1,1,1-TCA be Detected in and Removed from My Drinking Water?
The regulation for 1,1,1-TCA became effective in 1989. Between 1993 and 1995, EPA required your water supplier to collect water samples every 3 months for one year and analyze them to find out if 1,1,1-TCA is present above 0.5 ppb. If it is present above this level, the system must continue to monitor this contaminant.
If contaminant levels are found to be consistently above the MCL, your water supplier must take steps to reduce the amount of 1,1,1-TCA so that it is consistently below that level. The following treatment methods have been approved by EPA for removing 1,1,1-TCA: Granular activated charcoal in combination with Packed Tower Aeration.
How will I know if 1,1,1-TCA is in my drinking water?
If the levels of 1,1,1-TCA exceed the MCL, 0.2 ppm, the system must notify the public via newspapers, radio, TV and other means. Additional actions, such as providing alternative drinking water supplies, may be required to prevent serious risks to public health.
Drinking Water Standards:
Mclg: 0.2 ppm
Mcl: 0.2 ppm
1,1,1-TCA Releases to Water and Land, 1987 to 1993 (in pounds):
|
|
Water |
Land |
|
|
TOTALS (in pounds) |
222,403 |
812,873 |
|
|
Top Six States* |
|||
|
CA |
0 |
109,070 |
|
|
GA |
0 |
73,258 |
|
|
AR |
0 |
67,000 |
|
|
IN |
15,000 |
46,096 |
|
|
VA |
0 |
51,822 |
|
|
UT |
40,000 |
0 |
|
|
Major Industries |
||
|
Gray iron foundries |
1,084 |
76,158 |
|
Aircraft |
546 |
73,258 |
|
Manufacturing industries |
1,018 |
72,572 |
|
Wood furniture |
0 |
53,038 |
|
Fabricated structural metal |
0 |
51,425 |
|
Plating, polishing |
6,152 |
41,647 |
|
Turbines, generators |
40,317 |
966 |
* State totals only include facilities with releases greater than 10,000 lbs.
Learn more about your drinking water!
EPA strongly encourages people to learn more about their drinking water, and to support local efforts to protect and upgrade the supply of safe drinking water. Your water bill or telephone books government listings are a good starting point.
Your local water supplier can give you a list of the chemicals they test for in your water, as well as how your water is treated.
Your state Department of Health/Environment is also a valuable source of information.
For help in locating these agencies or for information on drinking water in general, call: EPAs Safe Drinking Water Hotline: (800)
426-4791.
For additional information on the uses and releases of chemicals in your state, contact the: Community Right-to-Know Hotline: (800) 424-9346.

Ministère fédéral allemand de
la Coopération économique
et du
Développement
(BMZ)
Table des matières -
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|
Numéro du CAS: |
71-55-6 |
|
Nom dans le registre: |
Ethane, 1,1,1-trichloro- |
|
Nom de la substance: |
1,1,1-Trichloroéthane |
Synonymes, noms commerciaux: Chloréthène, méthylchloroforme, aérothène TT, alpha-trichloroéthane, Armaclean , Armaclean spécial, Baltane , Champion Fluid , Chlorotène , Chlorothane NU , Chlorylène , Dowclene WR , Drivertan , Escothen , FO 178 , Genklène , Inhibisol , K 31 , Mécloran , méthyltrichlorométhane , NCI-CO4626, Solvéthane , Telclair X 31 , 1,1,1-tri, triéthane , Vythène C , Wacker 3X1
|
Nom(s) anglais: |
1,1,1-Trichloroethane, Methyl chloroform |
|
Nom(s) allemand(s): |
1,1,1-Trichlorethan, Methylchloroform |
|
Description générale: |
Liquide incolore, d'odeur éthérique douceâtre. |