Association Nationale pour la Protection des Eaux et Rivières
Association française Loi 1901 - reconnue d'utilité publique

DOSSIER DE PRÉSENTATION

CONTAMINATION DE L'EAU POTABLE
PAR DES COMPOSÉS ORGANOCHLORÉS

COMMUNES DE MAINTENON ET PIERRES
(EURE ET LOIR - France)
PERIODE 1993 - 2002

 

SOMMAIRE

Présentation de la contamination

Caractérisation des produits en cause et valeurs de dépassement

Le 1,1,1 Trichloroéthane

Le Trichloroéthylène

Le 1,1 Dichloroéthylène

Autres composés organochlorés

Origine de la Pollution

Que dit la réglementation ?

Limites de qualité des eaux

Conduite à adopter en cas de contamination

Quelles réactions des autorités ?

La position adoptée par la Générale des Eaux

La position adoptée par la D.D.A.S.S.

La position adoptée par les élus

Le traitement d'une affaire similaire au Québec : cas de Shannon

La protection des nouveaux captages est-elle assurée ?

Périmètre de Protection

Les anciennes décharges

Le projet de décharge de déchets « inertes »

La contamination de l'eau potable de Maintenon et Pierre est-elle un cas isolé ?

Conclusion

Annexes

Présentation de la contamination

À partir du début de l'année 1993, le puits d'alimentation en eau potable de la commune de Pierres et celui du secteur de la Garenne de la commune de Maintenon, département d'Eure et Loir, ont été contaminés par des composés organohalogénés volatils (C.O.V.). Il s'agit de solvants chlorés utilisés dans des activités industrielles. Ces produits ont été décelés par la D.D.A.S.S. lors des contrôles de suivi de la qualité des eaux destinées à  l'alimentation en eau potable.

Pourtant, aucune mesure d'urgence n'a alors été prise pour limiter l'exposition de la population à  ces produits toxiques. Un programme de recherche de nouvelles ressources en eau a été mis en oeuvre et a abouti au deuxième semestre 2002, avec la mise en service de trois nouveaux captages (puits d'alimentation) de substitution situés sur la commune de Yermenonville.

Ainsi entre le début de l'année 1993 et fin 2002, la population a été alimentée par une eau contaminée par des substances toxiques à  des concentrations bien supérieures aux valeurs limites recommandées par le Ministère de la Santé par la Circulaire du 16 mai 1989.

Il n'y a eu ni information de la population, ni restriction d'usage de l'eau. Les habitants desservis par cette eau contaminée n'ont pas eu le choix de la boire ou de ne pas la boire. Le contribuable a financé la réalisation des nouveaux captages sans avoir connaissance des raisons qui ont rendu ces travaux indispensables.

Rappelons que depuis fin 2002 l'eau distribuée à Maintenon et Pierres est de nouveau conforme aux normes de potabilité et ne présente plus de trace des composés en cause, grâce à la mise en exploitation des nouveaux captages. Mais la sécurité de l'approvisionnement en eau potable de ces communes est-elle pour autant assurée ?

Caractérisation des produits en cause et valeurs de dépassement

Les principaux composés, dont la présence dans les eaux potables de 1993 à 2002 a été révélée par les analyses, sont les suivants :

La consultation des analyses de l'eau distribuée à Pierres et dans le secteur de Maintenon desservi par le captage de la Garenne, nous a permis d'établir les courbes des concentrations rencontrées pour ces trois composés entre 1996 et 2002 (voir documents en Annexe 2). Nous n'avons pas pu consulter les analyses des années précédentes, puisque seules les analyses des cinq dernières sont accessibles, au-delà elles sont archivées.

En revanche, les analyses du captage de Maintenon - La Garenne de l'année 1998 ne nous ont pas été communiquées. Pour quelle raison ? Nous ne le savons pas. On peut cependant noter que les valeurs observées en 1998 pour le captage de Pierres sont les plus fortes.

 

Captage de Maintenon - La Garenne  
 

Le 1,1,1 Trichloroéthane

Origines et utilisations

Le trichloroéthane était utilisé pour le dégraissage ou le nettoyage des métaux et rentrait dans la composition des peintures, colles, mastics, ou encore des insecticides. Sa production a été interdite en 1996, et son utilisation en 2000 en raison de son impact sur la couche d'ozone.

Comportement dans l'environnement

Le 1,1,1 trichloroéthane étant plus lourd que l'eau, il se dépose de manière homogène dans les eaux souterraines. C'est un composé bioaccumulable, c'est-à -dire qu'il s'accumule dans la chaîne alimentaire : Les organismes vivants qui sont à la base de la chaîne alimentaire vont absorber ce composé présent dans l'eau et le concentrer dans leurs tissus. Les prédateurs qui les consommeront à leur tour vont concentrer encore plus le 1,1,1 trichloroéthane. Ainsi, plus on remonte dans la chaîne alimentaire, plus les quantités de produit accumulé dans l'organisme des êtres vivants augmentent, jusqu'à atteindre des niveaux dangereux pour leur santé.

Toxicité

Bien que le 1,1,1 trichloroéthane soit moins toxique que d'autres hydrocarbures chlorés, l'exposition à de faibles concentrations peut induire des tumeurs malignes du foie (source : Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement).

Selon l'Agence de la Protection de l'Environnement des Etats-Unis (EPA), au-delà de la limite de 200 µg/l, le 1,1,1 trichloroéthane peut entraîner des troubles du système nerveux et du système circulatoire. En cas de dépassement de ce seuil, les administrations ont l'obligation d'informer la population par la voie des différents médias (journaux, radios, télévisions) et l'usage de l'eau distribuée comme eau de boisson peut-être interdit.

N'existant pas de fiche de données toxicologiques établie par l'INERIS pour le 1,1,1 trichloroéthane, ces informations sont issues des données publiées par l'EPA (Agence de la Protection de l'Environnement des Etats-Unis) et sur celles du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (documents en Annexe 11 A).

Valeurs de dépassement

Pour ce composé il n'existe pas de valeur limite de concentration recommandée par le Ministère de la Santé. La valeur limite de qualité des eaux retenue pour ce paramètre, ici sur les graphiques, correspond à la norme de potabilité des Etats-Unis.

À Maintenon, la valeur limite fixée par les Etats-Unis a été dépassée de plus de 4 fois pour la période pour laquelle nous possédons les résultats d'analyses.

À Pierres, la valeur limite fixée par les Etats-Unis a été dépassée de plus de 7 fois pour la même période.

Le Trichloroéthylène

Origines et utilisations :

Le trichloroéthylène est utilisé en substitution du 1,1,1 trichloroéthane pour le dégraissage et le nettoyage des métaux, la fabrication des adhésifs, des peintures et insecticides.

Comportement dans l'environnement :

Il est soluble dans l'eau, volatil dans l'air. « Il est mobile dans le sol et s'accumule dans sa partie souterraine ».

Sa biodégradabilité est faible en milieu aérobie (riche en oxygène) mais possible en milieu anaérobie (pauvre en oxygène).

Toxicité

Les études chez l'Homme ont démontré une absorption élevée par l'organisme, par voie orale et par inhalation. Après passage dans le sang, le trichloroéthylène se répartit dans tout l'organisme, particulièrement au niveau du foie et des graisses (tissus adipeux). Il est également capable de franchir la barrière placentaire.

Les études chez l'animal : « Quelle que soit la voie d'exposition, de nombreuses études montrent que le trichloroéthylène et ses métabolites se répartissent dans tout l'organisme, avec des niveaux particulièrement élevés dans le cerveau et les graisses ».

Toxicité chronique : « L'étude de populations exposées au trichloroéthylène (et à  d'autres solvants chlorés) par l'eau de boisson (trichloroéthylène :300 à 500 µg/l) a permis de mettre en évidence des troubles variés :

Ces études sont toutefois limitées par le manque de données relatives à  l'exposition des individus. Cela implique une attribution incertaine au trichloroéthylène en tant que tel ».

« Les études chez l'animal ont permis de confirmer les effets neurologiques et immunotoxiques [effet sur le système immunitaire] du trichloroéthylène ingéré par l'eau de boisson ou l'alimentation ».

L'Union Européenne estime que le trichloroéthylène doit être assimilé à une substance cancérogène pour l'Homme.

« Chez l'animal, le lien entre l'exposition par ingestion ou inhalation au trichloroéthylène et la survenue de cancers variés est bien établie ».

Notons par ailleurs que plusieurs études tendent à démontrer un temps de latence très long, supérieure à une dizaine d'années, entre le moment d'exposition au contaminant et l'apparition des cas de cancers.

Ces données sont extraites de la fiche de données toxicologiques et environnementales - version n°2 déc. 2003 sur le trichloroéthylène - publiée par l'INERIS (annexe 11 B).

Valeurs de dépassement

À Maintenon, la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989 a été dépassée de plus de 4 fois pour la période pour laquelle nous possédons les résultats d'analyse (si on se base sur les nouvelles normes pour l'eau potable entrées en vigueur en 2003, la concentration en trichloroéthylène a été jusqu'à 12 fois supérieure à la limite de potabilité des eaux).

À Pierres, la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989 a été dépassée de plus de 3 fois pour la même période et jusqu'à 9 fois la concentration limite si on se réfère aux nouvelles normes pour l'eau potable.

Comme les nouvelles normes pour l'eau potable découlent de l'application de la Directive Européenne du 3 novembre 1998 sur les eaux destinées à la consommation humaine, la future norme de potabilité fixant à 10 µg/l la limite pour le trichloroéthylène était connu dès cette date. On peut estimer que la définition d'une norme de potabilité pour ce composé, plus sévère que la valeur indiquée dans la circulaire du 16 mai 1989, aurait pu conduire les autorités administratives à davantage de prudence.

Le 1,1 Dichloroéthylène

Origines et utilisations

Le 1,1 dichloroéthylène est utilisé dans la fabrication de fibres synthétiques, de films plastiques, également pour le revêtement de métaux et la fabrication du 1,1,1 Trichloréthane.

Il est aussi formé par biodégradation du 1,1,1 trichloroéthane et du tétrachloroéthylène en condition anaérobie (absence d'oxygène) dans les nappes souterraines.

Comportement dans l'environnement

Il est très soluble dans l'eau et très volatil.

Il n'est pas facilement biodégradable dans les eaux de surface. Dans les eaux souterraines, en milieu anaérobie (pauvre en oxygène), il se dégrade en chlorure de vinyle (chloroéthylène).

Toxicité

Par voie orale dans l'eau et par inhalation dans l'air, son absorption par l'organisme est rapide et importante, proche de 100% (études réalisées sur les animaux).

« Après pénétration dans l'organisme par inhalation ou ingestion, le 1,1 dichloroéthylène et ses métabolites se répartissent préférentiellement dans le foie, les reins et les poumons (si inhalation) ».

En ce qui concerne les effets en cas d'exposition chronique au 1,1 dichloroéthylène, « il n'existe pas de données concernant les effets systémiques chez l'Homme liés à son ingestion répétée. En se basant sur la toxicité aïgue de ce composé, il est vraisemblable que des effets hépatiques et rénaux se produisent ».

Concernant le caractère cancérigène de ce composé, l'Union Européenne ne le classe pas comme tel alors que les Etats-Unis le classe comme cancérigène possible pour l'homme.

Pour ce qui est des effets sur la reproduction, « aucune donnée n'est disponible concernant la toxicité par inhalation du 1,1 Dichloroéthylène sur les fonctions de reproduction et le développement foetal chez l'Homme ». (ATSDR, 1994)

« Par voie orale, les défauts de l'ébauche du système nerveux observés sur des nouveaux-nés exposés in utero par leur mère via l'ingestion d'eau contaminée doivent être considérés comme des résultats à prendre avec prudence. (NJDH, 1992) ».

Ces données sont extraites de la Fiche de données toxicologiques et environnementales du 1,1 dichloroétylène - version juin 2003 - INRS (Annexe 11 C).

Valeurs de dépassement

À Maintenon, la concentration du 1,1 dichloroéthylène dans l'eau distribuée a atteint jusqu'à 366 fois la limite de 0,3 µg/l, fixée par la Circulaire du 16 mai 1989.

À Pierres, la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989 a été dépassée de plus de 133 fois pour la même période.

Comme on l'a vu précédemment, le 1,1 dichloroéthylène se dégrade, dans certaines conditions, en chlorure de vinyle dans les eaux souterraines. Pourtant, aucune mention de ce composé ne figure parmi les résultats d'analyse des eaux distribuées à Maintenon - réservoir de la Garenne - et de Pierres.

Le chlorure de vinyle, soluble dans l'eau, est difficilement biodégradable dans l'eau et le sol.

Par voie orale, l'absorption par l'organisme est proche de 100 % et peut générer des atteintes du foie et du cerveau. De plus c'est un composé classé cancérigène pour l'homme par l'Union Européenne. Ses effets sur la reproduction et le développement embryonnaire sont démontrés chez l'animal.

La teneur limite dans l'eau de boisson pour le chlorure de vinyle est très stricte : 0,5 µg/l.

Ces Informations sont extraites de la fiche de données toxicologiques du chlorure de vinyle de l'INERIS - Annexe 11 D).

Pourquoi le chlorure de vinyle n'a-t-il pas été analysé, alors que c'est celui qui présente le risque le plus élevé pour la santé ?

Autres composés organochlorés

La présence ponctuelle d'autres composés organochlorés a été révélée par les analyses de l'eau distribuée.

Il s'agit du tétrachloroéthylène et du tétrachlorure de carbone.

Le tétrachloroéthylène peut se dégrader dans les nappes souterraines, dans certains cas, en trichloroéthylène et 1,2 dichloroéthylène. Les études sur le rat ont montré un taux d'absorption par voie orale de 80 à  100%. Il s'agit d'une substance classée par l'Union Européenne comme « cancérigène possible pour l'homme ». Comme pour les autres solvants organochlorés, des atteintes hépathiques, rénales et sur le système nerveux central peuvent être observées en cas d'exposition.

La limite de concentration recommandée par la circulaire du 16 mai 1989 est de 10 µg/l pour le tétrachloroétylène. Cette valeur est devenue une norme de potabilité des eaux destinées à la consommation humaine par Décret du 20 décembre 2001.

À Pierres, en janvier 1997, les analyses révélaient une concentration en tétrachloroéthylène de 75 µg/l et à Maintenon (réservoir de la Garenne) une concentration de 26 µg/l à la même date soit jusqu'à 7,5 fois les valeurs limites de qualité des eaux potables ….

En ce qui concerne le tétrachlorure de carbone, c'est un composé utilisé dans la fabrication de fluide réfrigérant. Pour le caractère cancérigène, l'Union Européenne classe cette substance comme « préoccupante pour l'homme ». La circulaire du 16 mai 1989 recommande une valeur limite dans les eaux destinées à la consommation humaine de 3 µg/l. En avril 1998 les analyses de l'eau potable distribuée à  Pierres révélaient une concentration de 9 µg/l de tétrachlorure de carbone. En juillet 2001 on mesurait une concentration de 22 µg/l dans les eaux distribuées à partir du captage de la Garenne soit jusqu'à 7 fois les valeurs limites de qualité des eaux potables ….

Origine de la Pollution

Des recherches pour trouver la source de la contamination ont été menées par la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement).

Les captages contaminés sont situés à l'aval hydrogéologique de l'unité de production de la société ROY, et en sont distants d'environ 1,4 km.

Les services de la DRIRE se sont donc intéressés aux activités de cette société qui a utilisé dans le cadre de son activité de dégraissage des métaux, deux des micropolluants rencontrés : le trichloroéthylène et le 1,1,1 trichloroéthane.

Selon le ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, « l'installation, soumise à  autorisation préfectorale, a été exploitée illégalement et dans des conditions suspectes au regard de la prévention des pollutions des sols et des eaux souterraines » (fiche Basol - Annexe 7a).

La société ROY a mis à  l'arrêt définitif l'installation de dégraissage suspecte. Elle semble aujourd'hui sensible à une bonne gestion environnementale de son site.

« Dans le cadre d'une recherche en responsabilité, l'arrêté préfectoral complémentaire n° 101 en date du 26 janvier 2001 a prescrit à la société ROY l'élaboration d'un diagnostic initial et d'une évaluation simplifiée des risques. »

« Une étude du site transmise aux services de la DRIRE le 20 décembre 2001, n'a pas mis en évidence de sources de pollution constituées de sols contaminés ».

Les recherches analytiques opérées sur la nappe de la craie, à partir d'un piézomètre (puits) amont et d'un piézomètre aval, forés sur le terrain d'emprise de l'usine font cependant apparaître :

Partant du principe que la source était étrangère à ce site industriel et à l'amont hydraulique, nous avons localisé l'ancienne décharge de déchets « inertes » de Maintenon comme origine possible de la pollution.

Plusieurs témoignages rapportent qu'il y a une vingtaine d'années de cela, des déversements de déchets liquides industriels dans cette décharge étaient fréquents, en particulier la nuit, par des camions citernes. Selon ces témoignages, des odeurs suffocantes se dégageaient de la décharge et le dépérissement des arbres bordant le site était généralisé. Pour lutter contre ces déversements sauvages, une clàôture aurait été mise en place, mais les vidangeurs auraient poursuivis leurs méfaits en passant le tuyau de vidange en dessous ….

 

 

Aujourd'hui l'aspect du terrain a changé, la végétation ne montre pas de signe particulier de pollution et un remblai a été déposé en surface pour recouvrir les déchets. Cependant, au bout du remblai on retrouve encore des fûts de solvants et d'huiles à usage industriel …

Cette hypothèse est quasiment une certitude. La diversité des composés retrouvés dans l'eau plaide en ce sens.

 

 

Par ailleurs, la localisation de ce site, est très pertinente avec la contamination du captage de Maintenon - La Garenne et de celui de Pierres (voir carte en annexe 1A).

Pourtant, aucun suivi de cette ancienne décharge n'existe, aucune étude pour vérifier ces très fortes présomptions n'a été réalisée.

Que dit la réglementation ?

Limites de qualité des eaux

Les normes de potabilité des eaux destinées à consommation humaine définies par le décret 89-3 du 3 janvier 1989 (remplacé par le décret du 20 décembre 2001) ne fixaient pas de limite de potabilité pour les substances en cause. Cependant, la circulaire du Ministère de la Santé du 16 mai 1989, relative à la présence de composés organohalogénés volatils dans les eaux destinées à la consommation humaine (Annexe 3), donne des indications importantes. Cette circulaire précise que :

« La directive C.E.E. n° 80-778 du 15 juillet 1980 du Conseil des communautés européennes comporte une recommandation générale présentée sous la forme « autres composés organochlorés » ne relevant pas du paramètre n°55 : niveau guide 1 microgramme par litre ; la concentration doit être réduite dans toute la mesure du possible. […] Le décret 89-3 du 3 janvier 1989 inclut la recherche de ces composés dans le programme d'analyse mais ne fixe pas de limite de qualité des eaux. Par ailleurs, plusieurs études réalisées récemment en France ont fait apparaître la nécessité de préciser la position sanitaire à tenir vis-à -vis des composés organohalogénés. »

La circulaire précise plus loin que « la détermination du risque sanitaire pour des concentrations telles que celles rencontrées dans les eaux est difficile. La crainte principale est celle d'effets différés. […] Plusieurs de ces composés se sont révélés, dans des conditions expérimentales déterminées sur les animaux, ou dans des enquêtes épidémiologiques en milieu professionnel, à des concentration bien supérieures à  celles rencontrées dans l'eau, présenter des effets toxiques notamment mutagènes ou cancérigènes, bien que tous les résultats ne concordent pas. »

II est expliqué que « ces composés peuvent être considérés comme indicateurs de la présence d'autres composés qu'on ne peut pas actuellement tous identifier et dont on ne connaît pas les effets ; des interactions pourraient exister entre certains de ces produits avec d'autres substances consommées ou d'autres composés. »

La circulaire indique ensuite que : « En conséquence, ainsi que le précise l'Organisation Mondiale de la Santé, les valeurs suivantes sont recommandées comme concentrations limites de ces produits dans les eaux destinées à la consommation humaine :

Conduite à adopter en cas de contamination

Dans le chapitre III, Intervention Sanitaire, la circulaire précise la conduite à adopter en cas de contamination : « Lorsque ces composés sont identifiés dans l'eau destinée à la consommation humaine, même si la teneur est inférieure aux valeurs limites fixées ci-dessus, il est nécessaire d'en rechercher l'origine. »

« L'amélioration de la qualité de la ressource souterraine demandera un long délai, car il devra être procédé au changement de la ressource sollicitée ou au mélange avec une autre ressource ou la mise en oeuvre d'un traitement de l'eau, par exemple par dégazage. L'emploi du charbon actif peut, dans certains cas s'avérer efficace. »

Pour ce qui concerne les priorités et délais d'actions la circulaire prévoit :

« Compte tenu de l'approche sanitaire effectuée, et notamment de l'évaluation du risque lié à ces produits et de la vulnérabilité des teneurs dans les eaux, il convient de s'intéresser à l'ordre de grandeur des concentrations trouvées plutôt qu'à leur comparaison stricte aux dites valeurs. Les situations correspondant à de fortes contaminations des eaux doivent être améliorées rapidement. […] En cas de problème, sur votre demande, le dossier pourra être soumis au Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Le dossier devra décrire, de façon détaillée, la situation rencontrée et les mesures proposées, notamment le programme d'amélioration et les modalités d'information de la population et des intervenants sanitaires. […] Les mesures nécessaires doivent être mises en place pour que les valeurs limites soient réellement respectées dans les conditions décrites ci-dessus. »

Quelles réactions des autorités ?

Face à la présence de teneurs élevées de 1,1,1 tricholoroéthane, de trichloroéthylène (jusqu'à  4 fois la valeur limite) et de 1,1 dichloroéthane (jusqu'à 366 fois la valeur limite fixée par la circulaire du 16 mai 1989), les services de la DDASS et des municipalités concernées ne semblent pas avoir été en accord avec les préconisations du Ministère de la Santé.

Si les démarches nécessaires au changement de la ressource en eau ont bien été entreprises, elles n'ont abouti qu'au bout de … 10 ans ! Et pendant cette période, aucune information de la population et des intervenants sanitaires n'a été réalisée, aucune restriction d'usage de l'eau n'a été jugée utile.

Mais alors, si la situation ne présentait pas de risque sanitaire, pourquoi les autorités compétentes ont-elles cherchées à  dissimuler les véritables raisons de la mise en place des nouveaux captages ?

À partir de la réponse formulée par le Préfet d'Eure et Loir à nos interrogations concernant le traitement de cette affaire, nous avons toutes les raisons de croire que l'avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France n'a pas été sollicité.

Quant à la recherche de l'origine de la pollution, elle est pour le moins tardive et inachevée.

La façon dont la population, les consommateurs et les contribuables ont été considérés dans cette affaire est proprement révoltante. Elle témoigne d'un mépris et d'un traitement particulièrement opaque de cette crise. Cette affaire pose une question de confiance évidente envers l'administration et les élus concernés.

Et l'on ne pourra pas évoquer une quelconque méconnaissance de la situation. Les rapports annuels sur le prix et la qualité des services publics de l'eau potable et de l'assainissement, approuvés en Conseil Municipal, et les courriers de la D.D.A.S.S. adressés aux maires des communes de Maintenon et Pierres en témoignent :

La position adoptée par la Générale des Eaux 

Dans le rapport d'activité remis par la Générale des Eaux à la mairie de Maintenon, il est noté :« À signaler depuis l'été 1993, un suivi particulier de deux composés organohalogénés volatils présents dans le forage de la Garenne (le trichloroéthane et le trichloroéthylène). Bien que les concentrations relevées ne nécessitent pas de mesure de restriction de la consommation de cette eau, elles démontrent une certaine dégradation de sa qualité » (document en Annexe 4).

On aimerait bien connaître sur quelle compétence la Générale des Eaux s'appuie pour juger de la nécessité ou non d'une restriction d'usage. Il est possible cependant qu'à cette période, les teneurs de ces composés étaient encore faibles. Nous n'avons pas pu obtenir les analyses antérieures à 1996.

La position adoptée par la D.D.A.S.S 

Dans le courrier adressé par le Directeur de la D.D.A.S.S. au Maire de Maintenon, en date du 4 septembre 1996 et représentatif des nombreux autres courriers, on peut lire : « Comme suite aux analyses réalisées sur votre commune le 24 juillet 1996, j'ai l'honneur de vous faire parvenir les résultats des analyses qui révèlent une eau : de qualité chimique conforme à la réglementation pour les paramètres recherchés sauf pour les composés organohalogénés volatils pour lesquels on observe une teneur élevée en trichloroéthane s'établissant à 800 µg/l. Cette valeur confirme toutes celles précédemment enregistrées depuis l'été 1993.

Si la circulaire du 16 mai 1989 relative à la présence de composés organohalogénés dans les eaux destinées à la consommation humaine n'impose pas de norme pour ce paramètre, la valeur limite de 30 µg/l pour le trichloroéthylène est dépassée (on relève une valeur de 120 µg/l). En conséquence, le suivi périodique de l'évolution de la concentration de ces produits est maintenu et il conviendrait de faire accélérer la recherche d'un nouveau point d'eau qui permettrait l'abandon de celui-ci. »

Citons également le courrier du directeur de la D.D.A.S.S. au maire de Maintenon, en date du 10 novembre 2000 qui indique pour les eaux du captage de la Garenne : « de qualité bactériologique et chimique conforme à la réglementation pour les paramètres recherchés à l'exception de la présence de composés organohalogénés volatils à de fortes concentrations ». Cette qualification « fortes concentrations » est importante au regard des recommandations formulées par la circulaire du 16 mai 1989 dans pareille situation (courriers en Annexe 5).

La position adoptée par les élus

L'analyse du journal municipal « Maintenon Infos » démontre la volonté de dissimuler la réalité de la situation à la population malgré la connaissance des faits (articles en Annexe 6) :

Comment la situation du captage de la Garenne aurait-elle pu être pire que ce qu'elle a été ? !

Le traitement d'une affaire similaire au Québec : cas de Shannon

(source : direction de la santé publique du Québec)

En décembre 2000 : détection du trichloroéthylène à une concentration de 160 µg/l dans l'eau distribuée dans la ville de Shannon (3 800 habitants).

En février 2001, après diverses analyses, la population est informée par une conférence de presse du Ministère de l'Environnement. « Compte tenu de l'évolution imprévisible de la contamination de l'eau souterraine, il est recommandé pour tous les citoyens résidents dans le secteur à risque de contamination :

Notons que la restriction des usages domestiques (douches, bain, lavage) s'explique par le fait que les solvants organochlorés sont très volatils. Lors de tels usages, les solvants organochlorés contenus dans l'eau sont libérés dans l'air ; ils sont alors absorbés par inhalation.

En mars 2001, un comité de suivi de la situation est mis en place. Le suivi de l'état de santé de la population a été jugé utile en raison du délai qui existe entre l'exposition aux solvants chlorés et l'apparition des symptàômes.

La base militaire située sur la commune sera identifiée comme l'origine de la pollution de l'eau souterraine. Le document complet figure en Annexe 10.

Cet exemple nous montre quelle aurait pu être le traitement de cette affaire par les services compétents dans le cas de la contamination de Maintenon et Pierres et souligne la très grande désinvolture avec laquelle cette affaire a été traitée en France.

La protection des nouveaux captages est-elle assurée ?

 

 

Trois nouveaux captages ont été implantés sur la commune de Yermenonville. Compte tenu de la raison de la réalisation des nouveaux captages, on aurait pu attendre de l'ensemble des intervenants (services de l'Etat, élus, services municipaux, bureau d'études, hydrogéologue agréé) une attention toute particulière concernant le choix du lieu d'implantation et la réalisation de l'ensemble des études nécessaires à la garantie de la pérennité de la ressource en eau nouvellement exploitée.

Dans un premier temps, précisons que la réalisation de puits d'alimentation en eau potable est une opération, compte tenu des débits pompés, qui est soumise à  autorisation au titre de la loi sur l'eau du 3 janvier 1992. Cela implique la réalisation d'un dossier présentant la viabilité du projet et ses impacts sur l'environnement (réduction de la ressource en eau, atteinte à la qualité ou à la diversité du milieu aquatique). Ce dossier est présenté au public à  l'occasion d'une enquête publique où toute personne peut formuler des questions, des remarques ou des propositions sur le projet. Hors, dans notre cas, aucune autorisation préalable n'a été sollicitée avant la réalisation des ouvrages.

L'urgence de la situation aurait pu justifier que les travaux fassent simplement l'objet d'un compte rendu motivé, indiquant leur incidence sur l'environnement, la santé et la salubrité publique, comme le prévoit l'article 34 du Décret n° 93-742 du 29 mars 1993. Encore aurait-il fallu que les travaux aient été exécutés pour « prévenir un danger grave » et que le caractère d'urgence soit invoqué par l'administration pour justifier l'absence de demande d'autorisation préalable …. Malheureusement, il ne semble pas que les autorités aient mesuré la gravité de la situation, autrement on peut penser que des mesures d'urgences auraient été prises avant la mise en service des nouveaux puits.

Périmètre de Protection

Un dossier de régularisation des captages et de définition de leur périmètre de protection a été soumis à  enquête publique du 12 au 28 mai 2004, en mairie de Yermenonville.

Ce dossier présente de graves lacunes et ne permet pas l'évaluation des risques de pollution des captages. En particulier, les études géologiques et hydrogéologiques sont très insuffisantes pour déterminer la vulnérabilité de la nappe, la zone d'alimentation des captages et ainsi assurer leur protection.

Si, dans le dossier, la présence de deux décharges situées à  proximité des captages est mentionnée, aucune évaluation du risque de contamination de l'eau exploitée n'a été réalisée alors que la réglementation le prévoit. En effet, on peut craindre un transfert différé de polluants enfouis dans la décharge vers la nappe d'eau souterraine. Des substances dangereuses pour l'environnement et la santé ont pu être stockés dans des fûts qui finissent par se percer, libérant ainsi leur contenu. Ainsi le périmètre de protection rapproché actuellement défini est inadapté, dépourvu d'efficacité.

Les anciennes décharges

Pourtant, le risque présenté par les décharges est réel (carte en Annexe 1 B): La plus proche est l'ancienne décharge de la commune de Mévoisins (850 m). Des traces de mercure ont été décelées en 1994 dans le forage de reconnaissance F1 qui se situe dans la zone d'appel des nouveaux captages (zone où l'eau de la nappe est attirée par le pompage).

 

 

La plus éloignée, celle de Bailleau-Armenonville, située à 2,9 km à  l'amont hydraulique des captages laisse échapper … des solvants organohalogénés (1,1,1 trichloroéthane et trichloroéthylène - voir Annexe 9) ! Des boues radioactives ont été également déposées par le Commissariat à  l'Energie Atomique et l'eau souterraine présente une certaine radioactivité à l'endroit de la décharge. C'est d'ailleurs pour lutter contre ces pratiques que les riverains de cette décharge, alertés par des rotations de camions en période nocturne, ont fondé L'APEV (Association de la Voise et de son Environnement).

Pour mémoire le captage de Pierres était situé à 2,6 km à l'aval hydrologique de l'ancienne décharge de Maintenon. Il est vrai que le suivi des eaux souterraines de cette décharge montre des teneurs relativement faibles en composés organohalogénés. Cependant, ces composés peuvent révéler la présence de fûts de produits toxiques enterrés dont seulement un faible nombre suinteraient aujourd'hui. Malheureusement, si une quantité importante de fûts est ainsi stocké, un relargage massif de ces substances est à craindre lorsque leur corrosion sera trop avancée. Ce risque doit être évalué.

 

 

On peut donc craindre, en l'absence de mesures efficaces, que les nouveaux captages situés sur la commune de Yermenonville connaissent le même sort que les précédents.

Le projet de décharge de déchets « inertes »

De plus, il existe un projet de transformation d'une ancienne sablière située sur la commune de Mévoisins en décharge pour « déchets inertes ». Hors, cette sablière est située dans la zone d'alimentation des captages et, le déchet appelant le déchet, rien ne peut garantir que des déchets dangereux ne seront pas enfouis en mélange avec les déchets inertes. La nature du matériaux autrefois extrait dans cette carrière, du sable, la nature du sous-sol est a priori très perméable aux pollutions. Cela implique un transfert rapide vers la nappe souterraine des polluants qui pourraient être introduits dans cette décharge.

Le périmètre de protection ne prévoyant pas d'inclure cette zone, rien n'interdit l'aboutissement de ce projet.

Pour étayer ces propos, on peut prendre l'exemple de l'ancienne décharge de la commune de Mévoisins, actuellement utilisée pour le stockage de déchets « inertes ». En visitant le site, on peut trouver :

sans compter les plastiques et les déchets putrescibles …. Et il ne s'agit que de la partie visible, en surface. Les remarques déposées par l'association à  l'enquête publique sont consultables en Annexe 8).

 

 
 
 
   

 

La contamination de l'eau potable de Maintenon et Pierre est-elle un cas isolé ?

La contamination des captages de Maintenon et Pierres est-il un cas isolé ? Malheureusement non ; la mauvaise gestion de la ressource en eau et la pollution diffuse dans l'environnement conduit de plus en plus à la fermeture de captages. L'Agence de l'Eau Seine Normandie, à elle seule, traite en moyenne trois dossiers de fermeture de captages par mois.

Rien que pour le département d'Eure et Loir, on rencontre d'autres affaires similaires.

La ville de Dreux a été touchée par le même scénario que Maintenon et Pierres un peu plus tàôt : les captages de la ville, situés sur la rive droite de l'Avre, au nord de la ville ont eux aussi été contaminés par des solvants organohalogénés. La aussi, leur remplacement par une nouvelle ressource a été nécessaire. Les captages contaminés ont été abandonnés en 1993 et 1994. Il semble que la population de Dreux n'ait pas été davantage informée que celle de Maintenon et Pierres. D'ailleurs pourquoi en aurait-il été différemment ? La pollution des captages de Dreux n'aurait-elle pas dû servir d'exemple à la gestion de celle ayant affecté les captages de Maintenon et Pierres ?

Nous ne savons pas à quel degré la population a été exposée à  ces substances. Ce point devra être rapidement étudié. L'origine de la pollution : vraisemblablement une ancienne zone d'épandage de déchets qui a été autrefois utilisée pour épandre des déchets industriels et de vidange par la société Lemée Moreau. Cette société a depuis été rachetée par la société S.V.R appartenant au Groupe Veolia, ex Vivendi Environnement. (source : ministère de l'Ecologie et du Développement Durable - fiche basol en Annexe 7 B).

L'étude de la pollution présente sur le site est en cours … seulement depuis 2001 ! Lenteurs administratives et mauvaise volonté de la société SVR à réaliser les études de diagnostic, expliquent ces délais. Les substances dangereuses ont donc eu tout le temps nécessaire pour se disséminer dans l'environnement, rendant sans effet une hypothétique dépollution du site.

Mais la ville de Dreux réserve d'autres surprises … (carte en Annexe 1 C).

Selon le Ministère de l'Ecologie et du développement Durable (fiche basol en Annexe 7 C), l'ancienne décharge de « L'Arche du Gazon » appartenant à la ville et qui est située à l'ouest, à  l'angle formé par la RN 12 et la voie ferrée Paris - Grandville, a reçue entre 1960 et 1990, entre 0,5 et 1,2 millions de mètres cubes de déchets ménagers et de déchets industriels solides et liquides. On retrouve là encore des produits organohalogénés dans l'eau souterraine située sous la décharge à des concentrations de l'ordre de 20 mg/l, soit 20 000 µg/l !

Ces polluants ont là aussi migrés. Ils atteignent, depuis au moins le début 2000, les forages du champ captant de Vert en Drouais qui sont situés à 1800 m à l'aval hydraulique de la décharge. Ces forages sont exploités par la SAGEP (Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris) pour l'alimentation en eau de la Ville de Paris. Un des six captages est contaminé mais il continue d'être exploité, l'eau contaminée étant diluée par l'eau prélevée dans les autres forages en vue de garantir la conformité de l'eau distribuée.

La recherche de nombreux autres composés chimiques est à l'ordre du jour. En attendant des études complémentaires, la pollution se diffuse et la dépollution du site n'est toujours pas programmée. Il y a pourtant urgence !

Conclusion 

Le traitement réservé à toutes ces affaires laisse perplexe. Comment peut on comprendre le silence des autorités sanitaires et des maires, responsables de la santé et de la salubrité publiques de leurs administrés ?

Le manque de connaissance sur les substances en cause et sur les effets de synergie qui peuvent exister par la combinaison de différents produits, aurait pourtant dû induire une grande prudence. D'autant que les recommandations du Ministère de la Santé et de l'OMS étaient sans équivoque. Alors quel crédit peut-on apporter aux services de l'Etat censés garantir la sécurité des personnes et de leur environnement ?

L'opacité qui règne dans ces affaires traduit-elle une volonté de dissimulation, ou, peut-être plus grave encore, une incompétence des autorités ?

Toujours est-il que la population a été exposée à un risque de contamination par des produits chimiques, sans avoir la liberté de choisir d'accepter ou non ce risque, c'est-à -dire de boire ou de ne pas boire l'eau distribuée.

Les contribuables et les consommateurs, eux, auront participés au financement de la réalisation des nouveaux captages et des canalisations indispensables à  leur connexion au réseau de distribution et ce à  hauteur de 2 millions d'euros, soit 13 millions de francs.

Les auteurs des pollutions ne sont pas inquiétés. Seront-ils un jour mis en cause, supporteront-ils un jour le coût financier de leurs actes, qui n'avaient qu'un seul but : éliminer à coût zéro, des déchets qui auraient normalement dû être traités en centre spécialisé ?

Comment les individus pourraient-ils prendre conscience de l'importance d'une gestion et d'un traitement adaptés des déchets pour préserver nos ressources en eau et ainsi accepter les contraintes nécessaires, si les autorités ne communiquent pas sur de telles affaires.

On peut également déplorer que le Plan Départemental de gestion des déchets n'intègre pas les exigences de santé publique. Car on voit à travers cette affaire à quel point la protection de notre environnement est indissociable de la protection de notre santé.

En outre, on aurait pu imaginer que les autorités aient été sensibilisées par ces cas de pollution de captages et qu'elles s'entourent du maximum de garanties concernant la protection des nouveaux puits …. Raté : études bâclées, procédures contournées, aboutissent à des nouveaux captages implantés en terrain « miné » par d'anciennes décharges. Quant à leurs périmètres de protection, en raison de la manière dont ils ont été définis, ils ne protègent que la conscience de leurs auteurs !

Nous sollicitons l'intervention du Ministère de la Santé et du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable pour qu'une étude évalue les risques sur la santé des populations exposées à  l'eau contaminée. Nous sollicitons également une expertise par un établissement public, préalable à une obligation de remise en état des sites pollués.

Enfin, nous souhaitons que cette affaire permette une réelle prise de conscience des services de l'Etat, comme de tout individu, que la protection de notre environnement n'est pas un luxe mais une nécessité pour assurer notre sécurité et la pérennité de notre développement. C'est vrai, la protection de l'environnement a un coût, mais celui de sa réparation, lorsqu'elle est possible, n'est pas du même ordre. La différence réside dans le fait qu'actuellement le pollueur n'étant pas le payeur, l'effort financier étant systématiquement supporté par le contribuable, le pollueur ne trouve aucun intérêt à faire des efforts.

L'absence de poursuite des auteurs de pollution, malgré l'existence d'un arsenal réglementaire potentiellement efficace, favorise nécessairement la poursuite de ces pratiques.

La sécurité de l'environnement, et par là  même de notre santé, n'est décidemment pas assurée !

ANNEXES

LISTE DES ANNEXES

ANNEXE 1 : CARTOGRAPHIE DES POLLUTIONS

ANNEXE 1A : CARTE DE LA POLLUTION DES CAPTAGES DE MAINTENON ET PIERRES

ANNEXE 1B : CARTE DES MENACES DE POLLUTION ASSOCIEES AUX CAPTAGES DE SUBSTITUTION

ANNEXE 1C : CARTE DE LA POLLUTION DES CAPTAGES DE LA REGION DE DREUX

ANNEXE 2 : FICHES D'ANALYSE DE LA QUALITE DE L'EAU POTABLE

ANNEXE 2 A : FICHES D'ANALYSE DE LA QUALITE DE L'EAU DE MAINTENON

 

 

 

 

 

ANNEXE 2 B : FICHES D'ANALYSE DE LA QUALITE DE L'EAU DE PIERRES

 

ANNEXE 3 : CIRCULAIRE DU 16 MAI 1989 RELATIVE A LA PRESENCE DE COMPOSES ORGANOHALOGENES VOLATILS DANS LES EAUX DESTINEES A LA CONSOMMATION HUMAINE

ANNEXE 4 : EXTRAIT DES RAPPORTS D'ACTIVITE DE LA COMPAGNIE GENERAL DES EAUX

ANNEXE 5 :  COURRIERS  D.D.A.S.S.

ANNEXE 6 : ARTICLES « MAINTENON INFOS »

ANNEXE 7 : FICHES BASOL DES SITES POLLUES

ANNEXE 7 A : FICHE BASOL - SITE ENTREPRISE ROY

Région : Centre   Département : 28   Site numéro : 33
Date de création de la fiche ou de sa dernière mise à jour : 15/05/2003

Service : DRIRE
Unité : Subdivisions 28    
Nom : GALIN Jean-Michel

Nom usuel du site  SITE: « Camp de César »

Localisation  :
Commune :
SAINT-PIAT
Code postal : 28130 - Code INSEE : 28357
Coordonnées Lambert X : 00544   Y : 02397
Adresse : CR N° 15
                  Lieu-dit : Camp de César

Responsable(s) actuel(s) du site :Exploitant  

Nom : ROY S.A
dernier exploitant
exploitant antérieur
mandataire de justice

La qualité du responsable :
personne physique
personne morale
publique

Propriétaire(s) du site Propriétaire unique
Nom(s) : ROY S.A

Personne physique

Personne morale

publique

Description du site SITE:
La société ROY, créée en 1936, s'est installée sur la commune de Saint-Piat en mai 1966. Le terrain d'assiette couvre une superficie de 70 380 m² pour une surface couverte de 8 500 m². Le site est clos et gardienné. L'entreprise conçoit et produit des portails métalliques, des travées de clàôture, des balustrades et des balcons.
Les procédés de fabrication mis en oeuvre sont le travail mécanique des métaux, le soudage, l'assemblage, le dégraissage des métaux, le grenaillage et l'application des peintures.

Description qualitative à la date du 15/05/2003 :
Le suivi de la qualité des eaux de distribution prélevées dans les forages de Pierres et de Maintenon (La Garenne) a mis en évidence, à  compter du début de l'année 1993, l'émergence d'une contamination par trois composés organohalogénés volatils : le trichloroéthylène, le trichloroéthane 111, et le 1,1 dichloroéthylène.
Ces captages sont situés à l'aval hydrogéologique de l'unité de production de la société ROY, et en sont distants d'environ 1,4 km.
La société ROY a utilisé dans le cadre de son activité de dégraissage des métaux, deux des micropolluants rencontrés : le trichloroéthylène et le trichloroéthane 111, ainsi que le dichrorométhane.
L'installation, soumise à autorisation préfectorale, a été exploitée illégalement et dans des conditions suspectes au regard de la prévention des pollutions des sols et des eaux souterraines.
La société ROY a mis à  l'arrêt définitif l'installation de dégraissage suspecte.
Dans le cadre d'une recherche en responsabilité, l'arrêté préfectoral complémentaire n° 101 en date du 26 janvier 2001 a prescrit à la société ROY l'élaboration d'un diagnostic initial et d'une évaluation simplifiée des risques.
L'étude transmise au service d'inspection le 20 décembre 2001, n'a pas mis en évidence de sources de pollution constituées de sols contaminés (absence de gaz et de micropolluants dans les zones de sols investiguées) et l'évaluation simplifiée des risques s'est révélée sans objet.
Les recherches analytiques opérées sur la nappe de la craie à partir d'un piézomètre amont et d'un piézomètre aval forés sur le terrain d'emprise font apparaître :
- des concentrations décroissantes d'amont en aval pour le trichloroéthylène, supérieures aux valeurs de constat d'impact en usage sensible, témoignant d'une source étrangère au site.
- l'absence de dichlorométhane.
- des concentrations croissantes d'amont en aval pour le 1,1,1 trichloroéthane et son métabolite, le 1,1, dichloroéthylène, inférieures aux valeurs de constat d'impact en usage sensible, mais clairement attribuables aux activités pratiquées sur le site.
L'arrêté préfectoral n° 622 du 06 mai 2002, prescrit à l'industriel la surveillance périodique de la qualité de la nappe souterraine par l'analyse des composés organohalogénés volatils à partir des deux ouvrages implantés sur le site.
La campagne d'analyse du 19 mars 2003 met en évidence l'absence de pollution en amont du site et la présence de 1,1,1 trichloroéthane et de trichloroéthylène à l'aval hydraulique dans des concentrations sensiblement équivalentes à celles observées lors de la précédente campagne.

ANNEXE 7 B : FICHE BASOL - SITE POLLUTION DES CAPATGES DE DREUX

Région : Centre   Département : 28   Site numéro : 11
Date de création de la fiche ou de sa dernière mise à jour : 21/01/2004

Service : DRIRE
Unité : SUBDIVISION 28-2    
Nom : GALIN Jean-Michel

Nom usuel du site  SITE: SVR

Localisation  :
Commune :
DREUX
Code postal : 28100 - Code INSEE : 28134
Coordonnées Lambert X : 0525   Y : 24169
Adresse : Chemin St Louis - Les Hauts Buissons
                  Lieu-dit : Chêne St-Louis Pièce Saint-Etienne

Responsable(s) actuel(s) du site :Exploitant

Nom : S.V.R
    dernier exploitant
    exploitant antérieur
    mandataire de justice

La qualité du responsable :
   
personne physique
    personne morale
    publique

Propriétaire(s) du site Plusieurs propriétaires

Personne physique

Personne morale

publique

Description du site SITE :
Il s'agit d'une ancienne zone d'épandage de déchets, non close, d'une superficie d'environ 15 000 m², sise en bordure du chemin rural du Chêne St Louis, en lisière Sud-Est du Bois des Buissons.

Description qualitative à la date du 21/01/2004 :
Ce site a été utilisé dans le passé par la Société Lemée Moreau, entreprise de vidange locale, pour l'épandage de matières de vidange et de déchets industriels.

Un programme de recherche mené sur ce site en 1995 par le Ministère chargé de l'environnement a eu pour objectif d'approfondir les connaissances en matière de migration de composés organohalogénés dans les sols et dans la nappe.

Cette étude a mis en évidence des zones polluées par des composés organohalogénés volatils et des composés aromatiques volatils.

La pollution décelée est vraisemblablement à l'origine de la fermeture des captages du Pont Hoddé en rive droite de l'Avre (puits Avre 1 et Avre 2 de la Ville de Dreux fermés en 1993 et forage de l'Hàôpital annexe mis hors service en 1994).

La Société Vidanges Réunies (S.V.R.) a absorbé Lemée Moreau le 21 décembre 1995.

L'arrêté préfectoral n° 463 du 15 avril 2000 a prescrit à la société SVR la réalisation d'un diagnostic initial et d'une évaluation simplifiée des risques.

Seule l'étape A du diagnostic ayant été réalisée (étude historique et documentaire), la société SVR a été mise en demeure, par arrêté préfectoral n° 1325 du 21 août 2001, de produire l'étude exigée.

L'étude prescrite est en cours d'élaboration et l'avis de l'hydrogéologue agréé a été sollicité le 9 octobre 2002 sur la pertinence de la localisation prévisionnelle de deux puits de contrôle de la qualité des eaux souterraines au droit du site.

L'hydrogéologue agréé a rendu son avis le 25 septembre 2003 et la société SVR est en attente d'une autorisation du propriétaire de la parcelle concernée (ville de Dreux) préalablement à l'engagement des investigations de terrain.

ANNEXE 7 C : FICHE BASOL - POLLUTION DES CAPTAGES DE LA S.A.G.E.P.

Région : Centre   Département : 28   Site numéro : 4
Date de création de la fiche ou de sa dernière mise à jour : 21/01/2004

Service : DRIRE
Unité : SUBDIVISION 28    
Nom : GALIN Jean-Michel

Nom usuel du site  SITE: DECHARGE DE L'ARCHE DU GAZON

Localisation  :
Commune :
DREUX
Code postal : 28100 - Code INSEE : 28134
Coordonnées Lambert X : 05254   Y : 24164
Adresse : route Nationale 12
                  Lieu-dit : L'Arche du Gazon

Responsable(s) actuel(s) du site :Exploitant

Nom : VILLE DE DREUX
    dernier exploitant
    exploitant antérieur
    mandataire de justice

La qualité du responsable :
   
personne physique
    personne morale
    publique

Propriétaire(s) du site Propriétaire unique
Nom(s) : VILLE DE DREUX

Personne physique

Personne morale

publique

Description du site SITE :
A 2,5 km à l'Ouest de Dreux, le terrain se situe dans une petite vallée sèche (La Vallée Saillard) entaillant le plateau qui s'étend entre les vallées de la Blaise et de l'Avre. Le dépôt, entièrement recouvert de déblais inertes et de terres, s'insère dans l'angle formé par la RN 12 et la voie ferrée Paris - Grandville.

Le dépôt a été affecté au stockage de déchets urbains et de déchets industriels solides et liquides de 1960 à 1973, puis de 1977 à 1990. La quantité de déchets est évaluée entre 0,5 et 1,2 million de m3. Le site n'est pas totalement clos.

Description qualitative à la date du 21/01/2004 :
A l'aval hydraulique de la décharge de «  L'Arche du Gazon » à environ 1 800 m, la SAGEP exploite le champ captant de Vert en Drouais destiné à  l'alimentation en eau potable de la Ville de Paris.

L'un des six puits du champ captant, situé en tête du vallon de Saillard, lequel constitue un axe de drainage préférentiel, est pollué par des composés organohalogénés volatils.

Il continue d'être exploité, l'eau contaminée étant diluée par l'eau prélevée dans les autres forages en vue de garantir la conformité de l'eau distribuée.

L'arrêté préfectoral n° 941 en date du 23 juin 2000 a prescrit à la ville de Dreux la réalisation d'un diagnostic initial et d'une évaluation simplifiée des risques à l'effet d'évaluer la responsabilité de ce site dans la pollution du captage de la SAGEP.

A ce jour l'étape A du diagnostic (étude historique et documentaire) a été réalisée.

Par anticipation sur les conclusions de l'étude diagnostique, l'arrêté préfectoral du 31 octobre 2001 prescrit la surveillance trimestrielle de la qualité des eaux souterraines (composés organohalogénés volatils) dans trois piézomètres à forer aux environs immédiats du site (deux ouvrages aval et un ouvrage amont)ont été imposées à  la ville de Dreux par arrêté préfectoral n° 1842 en date du 31 octobre 2001.

L'avis de l'hydrogéologue agréé pour le département d'Eure et Loir sur la pertinence de la localisation des piézomètres proposée par la ville de Dreux a été remis le 18 septembre 2002 et porté à la connaissance de la ville de Dreux en vue de l'exécution des travaux.

Les trois ouvrages ont été réalisés et les deux premières campagnes analytiques ont révélé une forte contamination de l'eau souterraine (environ 20 mg/l de composés organohalogénés volatils) à l'aval hydrogéologique de la décharge.

Le service d'inspection des installations classées, dans son rapport du 16 décembre 2003, a proposé au Conseil Départemental d'Hygiène, lors de sa séance du 12 janvier 2004, d'étendre les recherches analytiques à de nombreux autres composés chimiques.

L'arrêté préfectoral est en cours de signature.

ANNEXE 8 : REMARQUES DE L'ASSOCIATION ANPER SUR LA DEFINITION DES PERIMÈTRES DE PROTECTION DES NOUVEAUX CAPTAGES - ENQUETE PUBLIQUE

ENQUETE PUBLIQUE- commune de Yermenonville

Autorisation de prélèvement dans un aquifère
Périmètre de protection des captages

Remarque sur le contenu du dossier

Le dossier présente un certain nombre de contradictions et de questionnements qui ne peuvent être levés, en raison du manque d'informations communiquées dans le dossier.

Le bureau d'études Gaudriot contacté par téléphone, n'a pas été en mesure de répondre à nos interrogations, car la personne qui ayant réalisée les études a quitté son poste.

Remarque sur le déroulement de l'enquête publique

La durée de l'enquête et les conditions de consultation des documents, compte tenu des horaires d'ouverture particulièrement restreints, ne nous ont pas permis de prendre le temps nécessaire à une étude convenable et à la vérification des points litigieux.

Cependant, nous formulons ci-après un certain nombre de remarques :

Remarques sur le fond du dossier

Nature captive ou libre de la nappe

Concernant la nature captive de la nappe, ce qui assurerait une protection naturelle efficace de la nappe de la craie, les données sont contradictoires.

Selon les conclusions des études réalisées par le bureau d'études Gaudriot, page 18, le coefficient d'emmagasinement obtenu « correspond à un comportement semi-captif de la nappe ». Dans son rapport, l'hydrogéologue agréé, parle quant à lui de nappe « captive », tout en précisant dans la phrase précédente que « drainée par la Voise, l'aquifère est en position d'être alimenté par le bief du canal situé en rive droite, le long du CD 116 ». Comment une nappe captive peut-t-elle être drainée par les eaux de surfaces ?

Dans ce même rapport, l'hydrogéologue agréé, précise que « l'épaisseur limitée de la couverture alluvionnaire et le caractère inondable de ce secteur de la plaine alluviale rend la ressource en eau vulnérable aux pollutions d'origine superficielle, malgré le pouvoir de filtration des alluvions, vis-à-vis notamment des pollutions biologiques ». Comment une nappe captive pourrait-elle être sensible aux pollutions superficielles, en particulier bactériologiques ? Cela est pourtant bien le cas puisqu'en page 20, il est indiqué que le forage F5 présente « une légère contamination fécale ».

De plus, il est précisé page 21 que « les forages F2, F5 et F6 semblent toutefois sensibles à des apports d'eaux superficielles (alluvions) compte tenu de la présence anormalement élevée de bactéries revivifiables ».

Le seul moyen efficace de démontrer la nature captive de la nappe aurait été de déterminer un niveau statique de la nappe différent dans les alluvions et dans la craie. Aucun élément du dossier ne précise l'implantation des piézomètres. Sont-ils tous dans la craie ? Autrement lesquels ne descendent que dans les alluvions ?

Comme nous l'avons vu précédemment, l'hydrogéologue agréé précise que « l'aquifère est en position d'être alimenté par le bief du canal situé en rive droite, le long du CD 116 ». Pourtant, le bureau d'études Gaudriot conclut à  partir de tests à la fluorescéine en page 26 que l'interprétation tend à  montrer qu' « il n'existe pas de relation directe entre le cours d'eau et la nappe de la craie ». Aurélie PAQUIER, en charge de ce dossier nous a indiqué que l'injection de fluorescéine avait été faite de façon ponctuelle et instantanée. L'étude du transfert de fluorescéine vers le forage F2 nous apparaît, dans ces conditions, bien légère.

Délimitation de la zone d'appel

La zone d'appel, telle qu'elle a été définie, est particulièrement restreinte en aval des captages. De plus, en page 18, il est indiqué que « le seul ouvrage éloigné, F1, indique une valeur de (rabattement) de 20 cm pour une distance de 850 m ». Comment se fait-il dans ce cas que la position géographique de l'ouvrage F1 ne soit pas incluse dans la zone d'appel ?

Il paraît important de prendre en compte la zone d'appel amont dans le périmètre de protection rapproché afin d'imposer des contraintes particulières, en cas de passage dans ce secteur, de la déviation de Maintenon en projet.

Délimitation du périmètre rapproché

Le périmètre de protection rapproché devrait en principe couvrir au mieux la zone d'appel des captages compte tenu de la vulnérabilité de la nappe aux pollutions superficielles (l'hydrogéologue agréé et le bureau d'études Gaudriot sont en accord sur ce point). Pourtant le périmètre rapproché ne couvre même pas la totalité de la zone définie par l'isochrone 50 jours. Le périmètre de protection rapproché initialement prévu par l'hydrogéologue agréé a été réduit, était-ce opportun ?

De plus, il est précisé en page 18 que « l'extension latérale et vers l'amont de la zone d'influence ne peut être identifiée avec précision par manque de points d'eau de suivi. » et un peu plus loin on peut lire, concernant la modélisation du rabattement de la nappe que « les isopièzes du niveau des coteaux ne sont pas représentés car nous n'avons pas d'information sur les conditions hydrodynamiques dans ce secteur ». On est en droit de s'interroger sur la valeur de la modélisation de la zone d'appel au vu du nombre extrêmement limité de données de terrain. Pourquoi n'y a-t-il pas eu un maillage piézométrique de la zone permettant d'alimenter un modèle fiable de la zone d'appel ?

Sur quelle base de données, l'hydrogéologue agréé estime-il la nature du sous-sol en rive gauche de la vallée lorsqu'il indique qu'une couverture de limons, argiles à silex, sables, colluvions protège l'aquifère crayeux ? Aucune étude géologique de ce secteur n'est présentée dans le dossier. Si cette analyse repose uniquement sur des cartes géologiques, il convient de vérifier les informations par des sondages de terrain. Il existe en effet de fortes variations de faciès sur une même zone géographique. Les données de cartes géologiques restant générales, elles demandent à être précisées.

Evaluation des risques de pollution

Le code de la santé publique prévoit une évaluation des risques de pollution et non un simple recensement des risques comme présenté dans le dossier. Si les décharges présentes dans le secteur ont bien été notifiées, à savoir, l'ancienne décharge de Mévoisins et celle de Bailleau-Armenonville, aucune évaluation du risque de transfert de pollution n'a été réalisée. Pourtant des solvants organohalogénés s'échappent de la décharge de Bailleau-Armenonville et du mercure a été retrouvé en 1994 dans le forage F1 situé à proximité de l'ancienne décharge de Mévoisins.

L'abandon des captages de Maintenon et Pierres, suite à leur contamination par des solvants organohalogénés, vraisemblablement issus de l'ancienne décharge de Maintenon, n'aura-t-il pas servi de leçon pour que l'on s'entoure du maximum de garanties concernant la protection des nouveaux captages ? D'autant que d'après la carte piézométrique du Conseil Général d'Eure et Loir de la nappe de la craie, la décharge de Bailleau-Armenonville est clairement située à  l'amont hydrologique des nouveaux captages.

Recommandations de l'association

En conclusions nous sollicitons :

ANNEXE 9 : FICHES D'ANALYSE DE SUIVI DE LA QUALITE L'EAU SOUTERRAINE DE LA DECHARGE DE BAILEAU - ARMENONVILLE

ANNEXE 10 : EXEMPLE DE LA CONTAMINATION DU QUEBEC - CAS DE SHANNON

 

 

ANNEXE 11 : FICHES DE DONNEES TOXICOLOGIQUES DES CONTAMINANTS DE L'EAU POTABLE

ANNEXE 11 A : Informations toxicologiques sur le 1,1,1 trichloroéthane

issues de l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis (EPA) et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement

Consumer Factsheet on: 1,1,1-TRICHLOROETHANE

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National Primary Drinking Water Regulations

This is a factsheet about a chemical that may be found in some public or private drinking water supplies. It may cause health problems if found in amounts greater than the health standard set by the United States Environmental Protection Agency (EPA).

What is 1,1,1-TCA and how is it used?

1,1,1-Trichloroethane (1,1,1-TCA) is an organic liquid with a chloroform-like odor. It is largely used as a solvent removing grease from machined metal products, in textile processing and dyeing and in aerosols.

The list of trade names given below may help you find out whether you are using this chemical at home or work.

Trade Names and Synonyms:

Chloroethene
Methylchloroform
Aerothene TT
Algylen
Alpha-T
Chlorten
Gemalgene
Genklene
Dowclene
Solvent 111
Trichloran
Inhibisol

Why is 1,1,1-TCA being Regulated?

In 1974, Congress passed the Safe Drinking Water Act. This law requires EPA to determine safe levels of chemicals in drinking water which do or may cause health problems. These non-enforceable levels, based solely on possible health risks and exposure, are called Maximum Contaminant Level Goals.

The MCLG for 1,1,1-TCA has been set at 0.2 parts per million (ppm) because EPA believes this level of protection would not cause any of the potential health problems described below.

Based on this MCLG, EPA has set an enforceable standard called a Maximum Contaminant Level (MCL). MCLs are set as close to the MCLGs as possible, considering the ability of public water systems to detect and remove contaminants using suitable treatment technologies.

The MCL has been set at 0.2 ppm because EPA believes, given present technology and resources, this is the lowest level to which water systems can reasonably be required to remove this contaminant should it occur in drinking water.

These drinking water standards and the regulations for ensuring these standards are met, are called National Primary Drinking Water Regulations. All public water supplies must abide by these regulations.

What are the Health Effects?

Short-term: EPA has found 1,1,1-TCA to potentially cause the following health effects when people are exposed to it at levels above the MCL for relatively short periods of time: damage to the liver, nervous system and circulatory system.

Long-term: 1,1,1-TCA has the potential to cause the following effects from a lifetime exposure at levels above the MCL: liver, nervous system and circulatory system damage.

How much 1,1,1-TCA is produced and released to the environment?

Demand for 1,1,1-trichloroethane was 705 million lbs. in 1989. 1,1,1-TCA is likely to enter the environment by evaporation or in wastewater from its production or use in metal cleaning. It can also enter the environment in leachates and volatile emissions from landfills.

From 1987 to 1993, according to EPA's Toxic Chemical Release Inventory, releases to water and land totalled over 1 million lbs. These releases were primarily from metal fabrication industries. The largest releases occurred in California and Georgia. The largest direct releases to water occurred in Utah and Indiana.

What happens to 1,1,1-TCA when it is released to the environment?

1,1,1-TCA will evaporate rapidly from water and soil. It does not bind to soils nor is it broken down by microbial action, so it may leach to ground water. It has little tendency to accumulate in aquatic life.

How will 1,1,1-TCA be Detected in and Removed from My Drinking Water?

The regulation for 1,1,1-TCA became effective in 1989. Between 1993 and 1995, EPA required your water supplier to collect water samples every 3 months for one year and analyze them to find out if 1,1,1-TCA is present above 0.5 ppb. If it is present above this level, the system must continue to monitor this contaminant.

If contaminant levels are found to be consistently above the MCL, your water supplier must take steps to reduce the amount of 1,1,1-TCA so that it is consistently below that level. The following treatment methods have been approved by EPA for removing 1,1,1-TCA: Granular activated charcoal in combination with Packed Tower Aeration.

How will I know if 1,1,1-TCA is in my drinking water?

If the levels of 1,1,1-TCA exceed the MCL, 0.2 ppm, the system must notify the public via newspapers, radio, TV and other means. Additional actions, such as providing alternative drinking water supplies, may be required to prevent serious risks to public health.

Drinking Water Standards:

Mclg: 0.2 ppm

Mcl: 0.2 ppm

1,1,1-TCA Releases to Water and Land, 1987 to 1993 (in pounds):

 

Water

Land

TOTALS (in pounds)

222,403

812,873

Top Six States*

CA

0

109,070

GA

0

73,258

AR

0

67,000

IN

15,000

46,096

VA

0

51,822

UT

40,000

0

Major Industries

Gray iron foundries

1,084

76,158

Aircraft

546

73,258

Manufacturing industries

1,018

72,572

Wood furniture

0

53,038

Fabricated structural metal

0

51,425

Plating, polishing

6,152

41,647

Turbines, generators

40,317

966

* State totals only include facilities with releases greater than 10,000 lbs.

Learn more about your drinking water!

EPA strongly encourages people to learn more about their drinking water, and to support local efforts to protect and upgrade the supply of safe drinking water. Your water bill or telephone books government listings are a good starting point.

Your local water supplier can give you a list of the chemicals they test for in your water, as well as how your water is treated.

Your state Department of Health/Environment is also a valuable source of information.

For help in locating these agencies or for information on drinking water in general, call: EPAs Safe Drinking Water Hotline: (800)

426-4791.

For additional information on the uses and releases of chemicals in your state, contact the: Community Right-to-Know Hotline: (800) 424-9346.


Documentation pour l'étude et l'évaluation des effets sur l'environnement

Ministère fédéral allemand de la Coopération économique
et du Développement (BMZ)

1,1,1-Trichloroethane

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APPELLATIONS

Numéro du CAS:

71-55-6

Nom dans le registre:

Ethane, 1,1,1-trichloro-

Nom de la substance:

1,1,1-Trichloroéthane

Synonymes, noms commerciaux: Chloréthène, méthylchloroforme, aérothène TT, alpha-trichloroéthane, Armaclean , Armaclean spécial, Baltane , Champion Fluid , Chlorotène , Chlorothane NU , Chlorylène , Dowclene WR , Drivertan , Escothen , FO 178 , Genklène , Inhibisol , K 31 , Mécloran , méthyltrichlorométhane , NCI-CO4626, Solvéthane , Telclair X 31 , 1,1,1-tri, triéthane , Vythène C , Wacker 3X1 

Nom(s) anglais:

1,1,1-Trichloroethane, Methyl chloroform

Nom(s) allemand(s):

1,1,1-Trichlorethan, Methylchloroform

Description générale:

Liquide incolore, d'odeur éthérique douceâtre.

 
PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES
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